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UNITÉ
LA CONSTRUCTION DU RASSEMBLEMENT (1934-1935)
Une de Vu, hors série du 30 novembre 1935. Gallica – BNF.
Le 6 février 1934, les ligues d’extrême droite tentent de renverser le gouvernement par une manifestation violente qui dégénère en émeute. Quinze morts et des centaines de blessés : c’est un choc national. Sous la pression, Édouard Daladier démissionne. Le 8 février, un gouvernement associant radicaux et conservateurs est formé.
Une de l’Humanité, 10 février 1934. Gallica – BNF.
UN MILLION DE GRÉVISTES CONTRE LE FASCISME
Face à la menace fasciste, les forces de gauche se mobilisent malgré leurs divisions. Le mouvement syndical, partagé entre CGT et CGTU, agit d’abord séparément, notamment lors de la manifestation communiste du 9 février, violemment réprimée (quatre morts).
Affiche du PCF appelant à participer aux obsèques des 8 manifestants morts le 9 février 1934. Archives du PCF – AD93 [103FI87 14].
Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Domaine public (Wikimedia Commons).
Cette dynamique conduit à la création du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, animé notamment par Alain (proche des radicaux), Paul Rivet (du côté socialiste) et Paul Langevin (pour la famille communiste).
UNE DYNAMIQUE D’UNION PORTÉE PAR LES COMMUNISTES
À partir de mai 1934, les débats au sein de l’Internationale communiste (IC) ouvrent la voie à un rapprochement entre communistes et socialistes concrétisé en France par le pacte d’unité d’action signé le 27 juillet, une première en Europe. Maurice Thorez, secrétaire général du parti communiste, joue un rôle central dans ce processus, favorisé par l’essor d’un mouvement de masse pour l’unité d’action et des courants unitaires dans la SFIO et le PCF.
Multipliant les initiatives et malgré les réserves de l’IC, il propose, le 9 octobre, d’élargir l’alliance au parti radical afin d’éviter le basculement des couches moyennes vers le fascisme. Le lendemain, il prononce un discours dont L’Humanité rend compte : « Pour un large front populaire antifasciste ».
L’INVENTION D’UN MOT D’ORDRE
Serment d’unité lors de la manifestation du 14 juillet 1935, place de la Bastille. Agence de presse Meurisse, Gallica – BNF.
Si ce mot d’ordre ne s’impose pas immédiatement, il transforme les pratiques militantes et électorales à gauche. Les municipales de 1935 confirment le succès de l’alliance élargie dans un contexte de polarisation gauche/droite accrue. Le 14 juillet, une grande mobilisation populaire consacre cette dynamique avec le serment du Front populaire. L’invasion de l’Éthiopie par l’Italie en octobre 1935 la renforce encore tant l’équilibre mondial est menacé.
FOCUS

6 février 1934 : de l’émeute à la tentative de coup d’État

Comment le 6 févier 1934 a précipité la création du Front populaire?
Les manifestations du 12 février 1934

27 juillet 1934: du front unique au Front populaire, un long processus
Maurice Thorez, « L’organisation du front populaire du travail, de la paix et de la liberté »
L’implantation municipale communiste
1936, la réunification syndicale

De la riposte à l’extrême droite à la réunification de la CGT et de la CGT-U

Quand l’unité de la gauche défait l’extrême droite. L’expérience du «premier» Front populaire (1936).
LA VIE EST À NOUS ! UNE HISTOIRE DU FRONT POPULAIRE (1934-1938)

