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VICTOIRE
LES LÉGISLATIVES DE 1936
En 1936, la dégradation rapide de la situation internationale crée un sentiment d’urgence. Les législatives, dont la campagne est pour la première fois radiodiffusée, ouvrent une parenthèse d’espoir. Dès janvier, un programme commun associe partis politiques et organisations non partisanes. Il témoigne de la possibilité de concilier revendications syndicales, attentes culturelles et projet politique de transformation.
Affiche hostile au Front populaire réalisée par le Centre de propagande des Républicains nationaux à l’occasion des élections de 1936. BNF – Gallica.
LE PROGRAMME COMMUN
Il prévoit la « réduction de la semaine de travail sans réduction du salaire », la « restauration du pouvoir d’achat », des réformes économiques et sociales modérées, assorties de garanties « contre le pillage de l’épargne ». La défense des libertés – lutte contre les ligues, liberté de la presse et action pour la paix – constitue l’autre pilier du projet, résumé par le triptyque « le Pain, la Paix et la Liberté ». Marginal au début de la campagne, ce programme s’impose progressivement face à la possibilité d’une victoire permise par la dynamique unitaire dont le 1er Mai combatif sera un symbole.
L’EFFICACITÉ DES DÉSISTEMENTS AU SECOND TOUR
Le premier tour donne une impression de stabilité avec une participation très élevée (84,30 % contre 82,85 % en 1932) et une légère progression des partis du Front populaire (de 44,48 % à 45,94 % des inscrits). Mais les équilibres internes à la gauche se modifient : le parti communiste double son score, la SFIO se maintient, les radicaux reculent. Les désistements du second tour permettent aux communistes de passer de 10 à 72 députés, les socialistes de 132 à 149, et les radicaux de 160 à 111.
L’Humanité du 4 mai 1936. Gallica – BNF.
Le ministère Blum à l’Elysée le 4 juin 1936. Keystone France, domaine public, Wikimedia Commons.
UN GOUVERNEMENT À PRÉÉMINENCE SOCIALISTE
Léon Blum, surpris des résultats de la SFIO, accepte de devenir président du Conseil. Il propose aux communistes d’y participer. Ceux-ci refusent, craignant de renforcer la droite qui, paniquée par cette perspective, se mobilise. Surtout, le Komintern redoute que le poids persistant du parti radical empêche toute participation féconde. Les radicaux acceptent en revanche d’y entrer.
Le gouvernement, présenté le 4 juin, confirme la prééminence socialiste. Dans ce contexte, le président de la République Albert Lebrun s’inquiète de la croissance des grèves et manifestations qui marqueront l’histoire du Front populaire.
FOCUS
Les résultats du PCF aux législatives de 1936

Comment le Front populaire a remporté en 1936 la victoire dans les urnes?
LA VIE EST À NOUS ! UNE HISTOIRE DU FRONT POPULAIRE (1934-1938)

