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L’INTERNATIONALE
LE FRONT POPULAIRE ET SON MONDE
LE RÔLE DU KOMINTERN
L’expérience française est suivie avec attention par les Internationales communiste (IC) et socialiste. Lors du VIIe congrès de l’IC à l’été 1935, son secrétaire général Dimitrov salue la politique des communistes français en faveur d’un front populaire antifasciste. Cette ligne inspire ensuite les républicains espagnols, mais aussi le front patriotique en Chine ou le Front populaire chilien.
LE FRONT POPULAIRE FACE À LA TRAGÉDIE ESPAGNOLE
En Espagne, le pacte conclu en janvier 1936 conduit à la victoire électorale du Frente Popular qui accompagne une forte mobilisation dans les villes et la montée des revendications de réforme agraire dans les campagnes. Dans ce contexte, une partie de la bourgeoisie choisit l’insurrection militaire soutenue par les puissances fascistes. Le 18 juillet 1936, la guerre civile éclate.
Sollicité par le gouvernement républicain espagnol, Léon Blum opte pour une politique de « non-intervention » très débattue et vivement dénoncée par les communistes. En septembre 1936, le Komintern et l’Union soviétique soutiennent la création des Brigades internationales, symbole à la fois héroïque et tragique de l’engagement antifasciste.
L’URSS, ENTRE FASCINATION ET REJET
L’URSS continue de susciter fascination et espoirs en France : de nombreuses voix à gauche estiment que la Révolution bolchévique de 1917 représente « la grande lueur à l’Est » et la construction progressive d’un État des prolétaires, présenté alors comme un modèle par le PCF.
Affiche appellant les Français à exiger que soit appliqué le plan de paix franco-soviétique, 1936. Archives du PCF – AD93.
La publication en 1936 de Retour de l’URSS d’André Gide exprimant une profonde désillusion, puis les procès de Moscou en 1938 nourrissent le doute chez les intellectuels non communistes.
Caricature de Grambert dans Vu du 9 mars 1938. Gallica – BNF.
LA DÉGRADATION ACCÉLÉRÉE DE LA SITUATION EUROPÉENNE
Au sein du Front populaire, les divisions s’accentuent entre lutte antifasciste ou prévention d’un nouveau conflit mondial. Sur fond de «pacifisme intégral» et du refus ancré de toute guerre nouvelle, vingt ans après 14-18, le radical Édouard Daladier signe les accords de Munich en 1938, livrant les Sudètes tchécoslovaques à l’Allemagne. Cette décision marque une rupture idéologique majeure à gauche, le communiste Gabriel Péri dénonçant dans L’Humanité une capitulation face à Hitler et appelant à la fermeté internationale.
FOCUS

Les Fronts populaires hors d’Europe

Du Secours rouge international au Secours populaire français: la solidarité comme arme
LA VIE EST À NOUS ! UNE HISTOIRE DU FRONT POPULAIRE (1934-1938)

