9 – Dislocation

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DISLOCATION

VERS LA FIN DU FRONT POPULAIRE

FACE AU « MUR DE L’ARGENT »

Les divisions internes et les choix de politique économique opérés dès l’été 1936 fragilisent le Front populaire. Le gouvernement Blum renonce à des mesures centrales comme la réforme fiscale et le contrôle des changes, et cherche à rassurer les détenteurs de capitaux. Ces orientations, inefficaces, ont de lourdes conséquences sociales. Les dévaluations successives (septembre 1936, juin 1937 et novembre 1938) provoquent une hausse des prix qui réduit fortement les gains salariaux de juin 1936. La droite et les milieux d’affaires engagent alors une opposition de plus en plus frontale.

Affiche du Parti communiste d’octobre 1936 annonçant un meeting au sujet de la dévaluation. Archives du PCF – AD93 [103FI-112 3].
Affiche demandant un prélèvement sur les grandes fortunes et hostile à toute dévaluation, 1936. Archives du PCF – AD93.
Affiche du Centre de propagande des républicains nationaux dénonçant la banqueroute supposée du Front populaire, 1937. Archives du PCF – AD93 [103FI/115 8].

1937 : LA « PAUSE »

Le 24 février 1937, Léon Blum annonce une « pause » dans les réformes sociales, décevant l’aile gauche de la SFIO et les communistes, sans rassurer les radicaux. En juin, il obtient les pleins pouvoirs financiers de la Chambre, mais le Sénat, dominé par les radicaux, les refuse poussant Blum à la démission. Si le Front populaire subsiste, la nomination du radical Camille Chautemps marque un infléchissement vers plus de modération, notamment sociale, malgré certaines réalisations comme la création de la SNCF. Face à l’aggravation de la crise, Chautemps échoue aussi à obtenir les pleins pouvoirs.

Passation de pouvoir entre Léon Blum et Camille Chautemps, 1937. Agence de presse Meurisse, Gallica – BNF.

1938 : LE RETOUR DE DALADIER

Léon Blum revient brièvement au pouvoir en mars 1938, mais démissionne de nouveau pour des raisons similaires, accélérant la dislocation du Front populaire. La rupture est définitive avec le changement de cap en politique étrangère et économique du gouvernement d’Édouard Daladier. Les accords de Munich en septembre 1938 marquent un tournant : seuls les communistes votent contre.
La fracture se confirme lors du débat sur les pleins pouvoirs économiques réclamés par Daladier pour « remettre la France au travail » : les communistes s’y opposent, les socialistes s’abstiennent. En novembre 1938, les décrets-lois reviennent sur des acquis majeurs du Front populaire, dont les 40 heures. La « revanche sociale » du patronat se traduit par une répression sévère de la grève générale lancée, en riposte, par la CGT le 30 novembre. L’expérience du Front populaire s’achève, ouvrant une période sombre.

Affiche du CPAS hostile aux communistes et demandant à Édouard Daladier la réunion du Parlement, 1938. Archives du PCF – AD93.

FOCUS

Le chef d’orchestre de la contre-offensive patronale : Claude-Joseph Gignoux (1890-1966)

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Par Gilles Richard. Intellectuel, économiste et homme politique, Claude-Joseph Gignoux incarne la figure du «permanent patronal» qui, à la tête de la CGPF à partir d'octobre 1936, met ses talents au service du patronat pour combattre le Front populaire.
Dès 1935, les droites contre le Front populaire

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Par Frédéric Monier. La bataille du Front populaire, série en partenariat avec L'Humanité (2024). Hostiles au PCF et à la SFIO, les droites républicaines s’allient au Parti radical pour gouverner. En 1935, une partie d’entre elles optent pour l’union avec l’extrême droite. La dissolution des ligues entraîne la constitution de premiers partis de masse.
La gauche contre le Front populaire

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Par Adeline Blaszkiewicz-Maison. La bataille du Front populaire, série en partenariat avec L'Humanité (2024). Plébiscitée par la base, l’unité ne fait pas l’unanimité au Front populaire. Au Parti radical, certains renvoient dos à dos fascistes et communistes, tandis que le programme économique suscite des oppositions à la SFIO.

LA VIE EST À NOUS ! UNE HISTOIRE DU FRONT POPULAIRE (1934-1938)