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Les résultats du PCF aux législatives de 1936

Par Julie Bourgeois, étudiant en master 2 de géographie politique à l’ENS (ULM / PSL).

Les trois cartes ci-dessous donnent à voir la géographie de la progression du vote communiste et des forces politique du Front populaire. La gauche progresse sur l’ensemble du territoire, portée par une forte poussée communiste dans les bastions ouvriers, mais cette dynamique reste inégale selon les régions.

Focus sur les résultats des communistes dans le Nord-Pas-de-Calais aux législatives de 1936

Pour le Parti communiste, les élections législatives de 1936 marquent une forte progression : son score passe de 6,7 % en 1932 à 12,5 %. Le vote communiste se concentre dans les régions industrielles. Les bassins miniers du Nord-Pas-de-Calais et de Lorraine, les régions métallurgiques et les villes portuaires comme Marseille constituent ses principaux espaces d’ancrage. Dans ces territoires, le Parti s’enracine dans les milieux ouvriers, près des lieux de travail et des mobilisations sociales. Cela apparaît très nettement dans le Nord-Pas-de-Calais où les résultats les plus élevés se situent dans le bassin minier.
À côté de ces bastions, le vote communiste s’implante également dans certaines campagnes, notamment là où dominent petite paysannerie et travail agricole. Mais cette implantation reste inégale : de larges portions du territoire, notamment dans l’Ouest et le centre du pays, restent à l’écart.

Cette carte représente la variation du vote de gauche entre les élections législatives de 1932 et de 1936 à l’échelle communale. Elle est construite à partir de l’appariement des résultats électoraux des deux scrutins, permettant de calculer, pour chaque commune, un écart en points de pourcentage de la part des suffrages exprimés en faveur des candidatures de gauche. Les données de 1932, issues de la base de Thomas Piketty et Julia Cagé, ne couvrant pas l’ensemble des communes, certaines d’entre elles apparaissent sans information. La carte fait apparaître une progression globalement positive du vote de gauche entre les deux élections. Les progressions les plus nettes se concentrent dans une large moitié sud du territoire, notamment dans le Sud-Ouest, le Massif central et une partie du Sud-Est, où les hausses apparaissent à la fois nombreuses et relativement continues dans l’espace. À l’inverse, les évolutions sont plus limitées dans plusieurs régions du Nord et de l’Ouest.

La progression électorale de la gauche s’inscrit dans le contexte de mobilisation antifasciste qui se développe à partir de 1934. Mais cette dynamique ne touche pas le territoire de manière uniforme. Entre 1932 et 1936, le vote de gauche progresse dans une grande partie du pays. La hausse est particulièrement nette dans la moitié sud, où elle apparaît à la fois fréquente et continue. Ces territoires participent pleinement à la dynamique d’unité qui se met en place. Enfin, certaines communes apparaissent sans données : cela tient aux limites des sources disponibles pour 1932.