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Panier

Roger Martelli

Historien.

 

Le PCF s’est longtemps présenté comme le «parti de la classe ouvrière». L’affirmation était sans doute exagérée, mais n’était pas fausse pour autant. Un document inédit de 1966 déposé aux archives départementales de la Seine-Saint-Denis éclaire ce constat. 

 

Le PCF s’est attaché rarement à cerner les caractéristiques sociodémographiques de ses adhérents. Bien sûr, chaque congrès fait le point sur le profil des délégués[1], ce qui donne une indication intéressante sur le milieu des « militants » à proprement parler. Mais les adhérents restent la plupart du temps mal connus. À cinq reprises, toutefois, un peu de lumière a été apportée (1954, 1959, 1967, 1979, 1997). Les trois premières enquêtes se font entièrement sous le contrôle du noyau de direction ; les deux dernières se mènent en collaboration étroite avec des chercheurs indépendants.

Trois enquêtes internes: 1954, 1959, 1967

Au début de 1954, le secrétaire à l’Organisation de l’époque, Auguste Lecoeur, est évincé brutalement de la direction. Il part en emportant avec lui les archives de sa section de travail et donc tout l’état d’organisation du parti, manifestement un document unique dont il est le dépositaire. Son successeur, Marcel Servin, doit reconstituer à la hâte la documentation de base. Il décide d’ouvrir un classeur[2], réservé au seul sommet du parti, dans lequel sont consignées secrètement les statistiques réelles sur les cartes « placées ». Dans le même temps, il fait décider une enquête sur les adhérents eux-mêmes. Elle est conduite à partir des talons de cartes, détachés et soigneusement récupérés quand la carte est remise à l’adhérent. La section d’organisation en retient 153 163. Officiellement, il s’agit d’un échantillon d’un peu moins d’un tiers des adhérents déclarés (506 000) ; en fait, c’est plus de la moitié des adhérents (275 000) qui sont alors scrutés. En juin 1954, devant le XIIIe congrès du parti, Marcel Servin dresse le bilan statistique de l’enquête.

Cinq ans plus tard, après le choc de 1958, une procédure analogue est engagée à l’occasion du XVe congrès, qui se tient à Ivry, en juin 1959. Cette fois, selon Marcel Servin, l’étude porte sur « un peu plus de 100 000 adhérents ». Au dire du responsable, cela équivaut à un quart des 425 150 cartes qui auraient été « délivrées » par le Comité central aux fédérations. En fait, les chiffres du classeur d’organisation n’en retiennent que 252 000, soit un peu moins que les effectifs de 1954.

La méthode change en 1966. Depuis deux ans, le PCF est entré dans une nouvelle phase. Maurice Thorez est mort en juillet 1964, quelques mois à peine après qu’il ait laissé la main au successeur qu’il a lui-même intronisé, Waldeck Rochet[3]. Quant à Marcel Servin, il a été victime en 1961 du dernier des quelques « procès » qui se sont égrenés depuis le début des années trente[4]. Évincé à la suite de « l’affaire Servin-Casanova », il a été remplacé par l’ancien métallo et syndicaliste de la Seine-Sud, Georges Marchais. Le 28 décembre 1965, le Secrétariat du PCF[5] décide que « la section d’organisation du Comité central présentera une étude sur la composition sociale du Parti (Georges Marchais) ». Cette fois, ce ne sont pas les talons de cartes qui sont utilisés. Un questionnaire est distribué aux cellules et les résultats sont centralisés par les fédérations qui transmettent les résultats de l’enquête au centre parisien.

Le 25 mai 1966, la section d’Organisation, sous la houlette de l’adjoint de Georges Marchais, Jean Burles, fait le point des retours de données venant des fédérations. Cet état provisoire détaillé, département par département, est le seul qui soit pour l’instant disponible. Il est alors à usage strictement interne. Il a été trouvé récemment dans les archives de Pierre Clorennec (Archives départementales de Seine-Saint-Denis, cote 481 J). Né en avril 1937 et mort en 2006, électricien puis maquettiste en électronique, ce militant réside à Ivry-sur-Seine, où il exerce des responsabilités à la section locale et à la municipalité. Dans les années soixante, il travaille à la section d’Organisation, où il est même responsable de la tenue du classeur où sont consignés les effectifs. La confiance qu’on lui accorde[6] explique qu’il soit alors en possession d’un document contenant des informations aussi « stratégiques » que le nombre réel des cartes placées dans chaque fédération.

Le point d’étape de l’enquête est manifestement jugé insuffisant. De fait, les totalisations des données rapportées par les fédérations révèlent des distorsions parfois importantes entre les éléments sociodémographiques et le nombre d’adhérents déclarés. En outre, la comparaison entre les effectifs mentionnés et les indications de fin d’année, consignées dans le classeur d’organisation, montrent dans certains cas des écarts, qui ne s’expliquent sans doute pas seulement par la discordance des moments où l’on mesure les effectifs.

L’enquête se poursuit donc dans la seconde moitié de l’année 1966. Les archives de Pierre Clorennec contiennent ainsi quatre documents supplémentaires. Il s’agit de quatre fiches, composées à partir du questionnaire initial. Elles se présentent comme des totalisations nationales et sont établies à la fin décembre 1966 ou au tout début janvier 1967. En tout cas, les pourcentages indiqués dans l’une de ces fiches (n° 2) correspondent exactement à ceux que Georges Marchais présente devant le Congrès du parti, qui se tient à Levallois-Perret, du 4 au 8 janvier 1967[7]. C’est donc entre les trois hypothèses proposées par ces fiches que le responsable national à l’Organisation choisit les données qu’il présente officiellement aux cadres de son parti.

Comme l’indique Georges Marchais, ce sont 17 227 cellules qui ont rempli les questionnaires sur un total alors estimé à 18 642 (Marchais suggère qu’il y en a « près de 19 000, le classeur d’organisation retiendra lui le chiffre de 21 279[8]). Au total, ce sont 260 258 adhérents qui sont pris en compte (le classeur d’organisation en retient 277 788 en 1965 et 276 589 en 1966). On peut donc considérer que l’enquête de 1966 est représentative du profil sociodémographique des adhérents communistes au milieu des années 1960.

Les grandes données de l’enquête

Malgré ses limites documentaires[9] (la fiabilité incertaine de quelques résultats départementaux) le document de mai 1966 intéresse l’historien par plusieurs aspects :

1. Les indications fournies aux délégués du XVIIIe congrès, au début de 1967, portaient sur des pourcentages nationaux. On dispose désormais d’une ventilation départementale et d’une base d’effectifs qui permettent de préciser la distribution territoriale de la société communiste. C’est ainsi que l’on sait qu’un tiers des ouvriers communistes se trouve regroupé dans 7 fédérations (Nord, Seine-Sud, Paris, Seine-Nord-Est, Bouches-du-Rhône, Seine-Ouest et Pas-de-Calais) et que la moitié se trouve dans 15 fédérations (aux sept précédentes s’ajoutent la Loire, le Rhône, l’Isère, la Dordogne, la Meurthe-et-Moselle, la Somme, les Alpes-Maritimes et le Gard). Quant aux employés, la moitié est concentrée dans 6 fédérations (Paris, Seine-Sud, Seine-Nord-Est, Bouches-du-Rhône, Seine-Ouest, Alpes-Maritimes).

2. Les quatre fiches récapitulatives de la fin 1966 éclairent définitivement un « mystère ». En janvier 1967, Georges Marchais énonce ainsi la distribution des catégories socioprofessionnelles : 60,1 % d’ouvriers (dont 43,4 % dans le privé, 13,5 % dans le public et 3,2 % dans l’agriculture). Or, les enquêtes de 1954 et 1959 évoquaient respectivement 40,1 % et 40,3 % d’ouvriers, 4,8 % et 5,0 % d’ouvriers agricoles ; quant à l’enquête ultérieure de 1979, elle retient le pourcentage de 46,5 % d’ouvriers et ouvriers agricoles.

Les données de 1966 apparaissent ainsi étonnamment élevées pour ce qui est de la part ouvrière. Les archives de Pierre Clorennec permettent aujourd’hui de confirmer ce qui était une hypothèse, formulée par François Platone en 1985[10]. Les « documents Clorennec » contiennent trois modes de regroupement des catégories socioprofessionnelles retenues dans le questionnaire. La fiche n° 1 présente la totalité des résultats (260 353 données traitées), inclut donc les « retraités » et les « ménagères » et présente des pourcentages sur ce total des adhérents recensés. La fiche n° 3 exclut les retraités et les ménagères et présente des pourcentages calculés sur les actifs (la fiche évoque un total de 193 632 actifs, en réalité de 196 183). Enfin, la fiche récapitulative n° 2 fait état d’une totalisation qui exclut elle aussi les ménagères et ventile les retraités à l’intérieur des catégories d’ouvriers et d’employés. Or les pourcentages retenus sur cette fiche correspondent exactement à ceux que mentionne Marchais dans son rapport. C’est donc bien ce regroupement qui a été retenu in fine : il permet en effet de majorer le caractère prolétarien du PCF (60 % au lieu de 43 %), à un moment où il s’ancre dans sa stratégie d’union de la gauche. Dans la vaste union que le PC ambitionne, il est censé incarner le monde du salariat, et d’abord du salariat ouvrier.

Cet aspect est renforcé par la référence à la distribution sociale des femmes communistes. Dans son rapport au congrès, Marchais indique, au moment où il évoque la féminisation du parti, que « les travailleuses représentent 54 % des effectifs féminins du Parti et les ménagères 46 % ». C’est le pourcentage indiqué sur la fiche n° 1. Comment parvient-on à cette estimation ? Les questionnaires n’étaient pas individuels mais collectifs, au niveau de la cellule. Or la fiche n° 4 précise que « la composition par professions est cependant faussée par le fait que les retraités et les ménagères n’ont pas donné leur profession d’origine. (Pour composition sociale juste se reporter à la fiche n° 2) ». C’est à dessein que le choix n° 2 a été retenu pour ce qui concerne les catégories des ouvriers et des employés, et que l’on a ajouté un pourcentage de « salariées » suggérant que la féminisation du travail déployé dans les « Trente Glorieuses » n’altère en rien le caractère « de classe » du parti.

Les pourcentages annoncés des ouvriers et des femmes salariées relèvent ainsi de cette « politique du chiffre »[11] qui était par ailleurs utilisée pour la comptabilisation générale des adhérents du parti.

3. Au total, on dispose de trois séries de données, la seconde ayant servi de base au rapport Marchais de janvier 1967. La maîtrise de la nomenclature des catégories par la section d’Organisation est très aléatoire et les totalisations retenues présentent quelques erreurs ou incohérences. Par exemple, la fiche n° 3 indique que l’étude porte sur « 193 632 adhérents actuellement salariés », confondant actifs et salariés. Les regroupements opérés varient selon les fiches, pourtant à partir des mêmes données. L’analyse de la « composition sociale » du PCF doit donc être considérée de façon très prudente : elle révèle les modes d’autoreprésentation de l’univers communiste, tout autant sinon davantage qu’une image approximative de la distribution des groupes à l’intérieur de l’organisation. Ce n’est qu’avec les enquêtes de 1979 et 1997, pilotées par François Platone et Jean Ranger, que le regard se fait à la fois plus distancié et plus rigoureux.

Le tableau ci-après récapitule les effectifs et les pourcentages indiqués sur les 3 fiches regroupant les données socioprofessionnelles. Les intitulés des catégories sont exactement ceux que retient le questionnaire distribué. Pour chaque composition, on note les effectifs des catégories, le pourcentage calculé par la section d’Organisation et le pourcentage réel recalculé à partir des données du tableau. Pour chaque fiche, on a recalculé le total des réponses comptabilisées et le nombre estimé des actifs et des salariés.

 

  Composition n°1 (fiche 4) Composition n° 2 (fiche 2) Composition n°3 (fiche 3)
  Effectifs % du total (archive) % du total (recalculé) Effectifs % du total (archive) % du total (recalculé) Effectifs % des actifs (archive) % des actifs recalculé
Ouvriers        
Industries privées 80 697 31 31,0 99 547 43,4 43,7 80 697 41,7 42,5
Services publics (1) 25 178 9,9 9,7 31 032 13,5 13,6 25 178 13 13,3
Agricoles 5 945 2,3 2,3 7 318 3,2 3,21 5 947 3,1 3,1
Employés        
Secteur privé 15 162 5,8 5,8 18 667 8,1 8,2 15 162 7,8 8,0
Services publics (1) 19 516 7,5 7,5 24 003 10,4 10,5 19 516 10,1 10,3
Techniciens 3 731 1,4 1,4 3 731 1,6 1,6 3 731 1,9 2,0
Ingénieurs 710 0,3 0,3 710 0,3 0,3 710 0,4 0,4
Exploitants agricoles 15 090 5,8 5,8 15 090 6,6 6,6 15 090 7,8 7,9
Commerçants et artisans 13 275 5,1 5,1 13 275 5,8 5,8 13 275 6,8 7,0
Enseignants        
Primaire 5 121 2,0 2,0 5 121 2,7 2,2 5 121 2,6 1,7
Secondaire 3 109 1,2 1,2 3 109 1,7 1,4 3 109 1,6 1,6
Supérieur 530 0,2 0,2 530 0,3 0,2 530 0,3 0,3
Recherche scientifique 378 0,1 0,1 378 0,2 0,2 378 0,2 0,2
Écrivains et artistes 595 0,2 0,2 595 0,3 0,3 595 0,3 0,3
Médecins, architectes et avocats 901 0,3 0,3 901 0,4 0,4 901 0,5 0,2
Étudiants 3 789 1,4 1,5 3 789 1,6 1,7 3 789 1,9 2,0
Retraités 36 136 13,9 13,9
Ménagères 30 490 11,7 11,7
Travailleurs immigrés 2 415 1,2 0,9 2 415 1,1
Actifs 192 353   73,9 226 422   99,4 189 940 98,0 100
Salariés 162 492   62,4 196 183   86,1 160 079 82,6
Total 260 353   100,0 227 796   100,0 260 353  

(1) SNCF, EDF-EGF, P et T, Ponts et Chaussées, communaux, hôpitaux, travailleurs de l’État, Sécurité sociale, banques d’État, etc.

 

En 1966, les adhérents du PCF sont donc pour près des trois quarts des actifs, soit nettement plus que l’ensemble de la population française de l’époque (40 %). Dans cet ensemble, la population ouvrière est surreprésentée : 43,1 % des adhérents et un peu plus de 58 % des actifs (respectivement 15,5 % et 38 % dans l’ensemble de la population française). Si l’on y ajoute les employés, ce sont 56 % des adhérents qui appartiennent à la fraction la plus populaire des actifs (25 % dans la population française). Avec trois quarts d’actifs, 62 % de salariés et 43 % d’ouvriers, le PCF de l’époque constitue bien le parti politique le mieux enraciné dans le monde du travail.

Un document exceptionnel

Les « documents Clorennec » permettent de stabiliser notre connaissance de l’évolution sociodémographique des adhérents communistes sur la longue durée. Elle est rappelée dans les deux tableaux ci-après, qui tiennent compte de l’évolution des nomenclatures utilisées par la direction du PCF[12]. Les trois premières enquêtes ont montré leurs limites aux yeux mêmes de la direction communiste. Quand elle décide en 1979 de faire un nouveau bilan, après la spectaculaire poussée des effectifs, dans les années 1976-1978, elle se tourne vers des chercheurs reconnus. Il est vrai qu’une expérience réalisée en 1966 les a aidés à faire ce cheminement. Alors même que le PCF est engagé dans son enquête interne, le Secrétariat donne son accord, le 20 septembre 1966, pour « un sondage d’opinion ». Sur la base des travaux de l’IFOP, cette décision débouche entre 1966 et 1967 sur un ensemble de publications, dans le Nouvel Observateur, la revue Sondages de l’IFOP et dans les Cahiers du communisme. Une synthèse collective en est publiée en 1969, dans le volume de la Fondation nationale des sciences politiques, Le communisme en France (Arman Colin), sous la signature de Monique Fichelet, Raymond Fichelet, Guy Michelat et Michel Simon. Les relations de confiance inédites qui se nouent alors entre responsables et chercheurs vont stimuler la translation de méthode effectuée en 1979.

Sociologie des effectifs du PCF, 1954-1966
(en %)
1954 1959 1966
Hommes 79,8 78,1 74,5
Femmes 20,2 21,9 25,5
< 25 ans 10,2 5,6 9,4
26-40 ans 35,6 38,5 33,1
Plus de 40 ans 54,3 56,2 57,5
Ouvriers 40,1 40,3 40,7
Ouvriers agricoles 4,8 5 2,3
Paysans 9,4 8,2 5,8
Fonctionnaires et services publics 12,5 12,2
Employés 13,3
Ingénieurs et techniciens 1,7
Instituteurs 2 2,7 2,0
Enseignants et chercheurs 1,4 (1)
Commerçants et artisans 5 6,7 5,1
Retraités 13,9
Sans activité professionnelle et sans réponse 13.2

(1) Autres qu’instituteurs

 

Sociologie des effectifs, 1979-1997
(en %) 1979 1997
Hommes 64,3 60,2
Femmes 35,7 39,8
< 25 ans 11,8 5,5
26-40 ans 39 23,8
Plus de 40 ans 49,2 70,7
Agriculteurs exploitants 3,4 1,6
Commerçants, artisans, industriels 5,3 3,2
Prof. libérales, cadres sup. 4,9 11,3
Prof. intermédiaires, cadres moyens 14,7 19,8
Employés, pers. de service 25,4 32,9
Ouvriers, salariés agricoles 46,5 31,3
Actifs ayant un emploi 69,1 52
Retraités 15,5 24,5
Autres inactifs et chômeurs 15,4 23,5

 

Pour pousser l’analyse, voir le tableau réalisé par Roger Martelli qui recense, par département, la part des ouvriers et des employés dans le PCF en 1966. Pour accéder au document Excel, cliquez sur ce lien ou sur le tableau ci-dessous.

 

 


[1] Stéphane Courtois, « Les délégués aux congrès du PCF et l’évolution de l’appareil communiste (1956-1985) », Communisme, n° 10, 1986.

[2] Roger Martelli, Prendre sa carte 1920-2009. Données nouvelles sur les effectifs du PCF, Fondation Gabriel Péri et Département de la Seine-Saint-Denis, 2010.

[3] Jean Vigreux, Waldeck Rochet, une biographie politique, Paris, La Dispute, 2000.

[4] Michel Dreyfus, PCF Crises et dissidences. De 1920 à nos jours, Éditions Complexe, 1990. Voir aussi Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Les réunions du Comité central du PCF 1921-1977. État des sources et des instruments de recherche, tome 3 1954-1964, 2010.

[5] En 1965, il est composé de cinq membres, qui ont été désignés par le Comité central à l’issue du XVIIe Congrès de 1964. Il s’agit de Waldeck Rochet, Georges Marchais, Roland Leroy, René Piquet et Gaston Plissonnier.

[6] L’homme est discret sur sa fonction nationale. Sa biographie dans le « Maitron » ne l’évoque pas.

[7] Les statistiques présentées par le secrétaire à l’Organisation ont fait l’objet de plusieurs études. Claude Harmel les a aussitôt présentées dans la revue du BEIPI, Est & Ouest, numéro 378 des 16-28 février 1967 (« La composition sociale du Parti communiste français de 1959 à 1966 »). Annie Kriegel a repris l’étude en 1968, dans son livre publié au Seuil, Les communistes français, essai d’ethnographie politique. Pierre Gaborit a poursuivi l’analyse en 1972, en l’élargissant au personnel politique du PCF, dans une thèse originale, malheureusement non publiée : Contribution à la théorie générale des partis politiques. L’exemple du Parti communiste français sous la Cinquième République (thèse de l’Université de Paris – Département de science politique).

[8] Cette totalisation des cellules est incohérente dans la série : le classeur indique pour les années 1965, 1966 et 1967 les chiffres respectifs de 18 689, 21 279 et 19 652. En fait, les statistiques de l’année 1966 sont manifestement perturbées par le découpage administratif de l’Ile-de-France et la redistribution des fédérations communistes qui en résulte.

[9] Il est à noter que, le 12 janvier 1967, au lendemain donc du congrès, le Secrétariat évoque à nouveau l’initiative qu’il a amorcée un an plus tôt : « Continuer à suivre l’enquête sociologique du Parti et accepter la dépense supplémentaire de 500 000 anciens francs qui est demandée pour mener au maximum cette enquête (Jacques Duclos) ». On ne sait rien des suites de cette décision.

[10] Voir note 12.

[11] Philippe Robrieux a utilisé (Histoire intérieure du parti communiste, t. 3, p. 504, Fayard, 1982) cette formule, qu’il dit avoir empruntée à Jacques Duclos, pour désigner l’usage des effectifs officiels savamment outrés.

[12] Les analyses détaillées des deux enquêtes ultérieures se trouvent dans François Platone, « Les adhérents de l’apogée. La composition du PCF en 1979 », Communisme, n° 7, 1995 ; François Platone et Jean Ranger, « Les adhérents du Parti Communiste Français en 1997 », Cahiers du CEVIPOF, n° 27, juin 2000.

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