1 – Fractures

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FRACTURES

LA FRANCE EN CRISES

La crise née aux États-Unis en 1929 touche la France plus tardivement. À partir de 1931, la récession entraîne une baisse de 22% de la production et un chômage d’ampleur historique estimé à 840 000 personnes.

Chute de la production industrielle
Base 100 en Janvier 1929

Source : Alternatives économiques, n°174 – Octobre 1999.
La soupe populaire du XVIIIe arrondissement, janvier 1932. Agence mondiale, Gallica – BNF.

Les gouvernements successifs répondent par une politique de déflation visant à défendre la monnaie et à réduire le déficit budgétaire, ce qui aggrave la crise.

Ce contexte favorise le rapprochement de milieux sociaux très divers autour d’un projet économique et social porté par le mouvement ouvrier. Bien que le monde agricole représente encore près d’un tiers des actifs, l’industrialisation a renforcé une classe ouvrière hétérogène, mais unie par des conditions de vie et de travail modestes.

UNE RÉPUBLIQUE CONTESTÉE

Parallèlement, la IIIe République se fragilise. Les extrêmes droites se regroupent autour d’organisations diverses, toutes hostiles au parlementarisme. Les législatives de 1932 débouchent sur une majorité instable dominée par les radicaux alliés à des « modérés » de centre-droit. Le gouvernement s’oriente vers le centre, alors même que la SFIO représente près d’un tiers des députés de la majorité sur laquelle il s’appuie.

DES DIVISIONS À GAUCHE

Le Parti communiste oscille entre perspective révolutionnaire et défense des libertés républicaines dans une période de montée de l’extrême droite. Bien que limité à 30 000 adhérents, il exerce une influence importante via la CGTU, forte de 250 000 membres, et la diffusion de L’Humanité. La SFIO progresse électoralement, mais refuse à trois reprises (1924, 1929, 1932) la participation gouvernementale, tiraillée entre une aile modérée proche des radicaux et une gauche davantage tournée vers le monde ouvrier.
Tant les échecs électoraux, que la situation allemande et la montée des ligues d’extrême droite conduisent la direction communiste à engager, dès l’été 1933, un rapprochement avec les socialistes, encore accueilli avec prudence par le Komintern, l’Internationale communiste.

Bagneux 1934-1935. Mémoires d’Humanité – AD93 [83 FI – 185 161].
Affiche de 1935-1936. Gallica – BNF, département Estampes et photographie, [ENT QB-1 (1935)-FT 6].
Une du Populaire  du 29 avril 1932. Gallica – BNF.

FOCUS

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