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Les 12-13-14 décembre 2019
Sala Biblioteca, Fondazione Gramsci
Via Sebino, 43/a Rome

Au cours des dernières années les recherches portant sur les rapports entre le monde communiste et les mouvements de libération nationale se sont multipliées, en particulier à propos des rencontres entre le camp socialiste et ce qu’on appelait Tiers monde, et des influences communistes dans les processus de décolonisation et de construction du monde postcolonial. Ces études ont adopté des perspectives transnationales et globales,  bien au-delà des analyses désormais classiques portant sur les débats au sein du Komintern ou sur les stratégies soviétiques durant la guerre froide.

Ce colloque vise à apporter une contribution sur la nature des rapports unissant les partis communistes des pays occidentaux possédant un empire colonial (France, Royaume Uni, Portugal, Italie, Belgique, Pays Bas, Espagne) et le continent africain. Les relations entre les PC européens et les mouvements africains anti-coloniaux, de même que celles entre les PC et les nouveaux Etats constituent un objet de recherche dont on mesure de plus en plus l’intérêt. Leur étude peut permettre, entre autre,  de mieux comprendre les dynamiques existant entre métropoles et (post)-colonies, et celles existant entre les milieux marxistes européens et ceux des « périphéries » coloniales et post-coloniales. Cela demande aussi de prendre en compte l’évolution du mouvement communiste, comme celles des Etats africains. On essaiera en tout état de cause d’éviter toute forme d’euro-centrisme.

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Ainsi, ce colloque s’intéressera aux interconnexions entre communistes d’Europe occidentale, de l’ Union soviétique, des pays socialistes et des mouvements, partis et Etats africains, sans oublier le rôle des syndicats et autres organisations liées aux PC. Les communistes occidentaux cherchaient à jouer un rôle de médiation et intégration dans les espaces coloniaux et post-coloniaux, conciliant leur action avec celle des partenaires russes et d’Europe de l’Est, de la Chine et de Cuba. Ce rôle ne se limitait pas aux zones d’influence nationale des divers partis, mais faisait fi des frontières impériales, adoptant celles, plus larges, du camp anti-impérialiste. Organisations syndicales et organisations de jeunesse et étudiantes proches des milieux communistes se voyaient attribuer une place centrale en matière de relations euro-africaines, et de formation des cadres. Syndicalistes et étudiants africains apportaient aussi de considérables innovations en relisant Marx, Lénine ou Mao à la lumière  des logiques africaines.

La chronologie adoptée dans le colloque sera celle-là même du phénomène communiste, de la naissance de l’Internationale communiste à la chute du mur de Berlin, de la crise du système colonial entre les deux guerres à la décolonisation. L’espace concerné est l’ensemble du continent africain. On privilégiera les analyses visant à inscrire la politique des PC occidentaux dans un contexte global, par l’observation des dynamiques transnationales qui ont guidé et accompagné leurs actions. Il s’agit surtout de clarifier le rôle du mouvement communiste dans la construction des théories et langages anti-coloniaux, de même que dans les tentatives d’adoption de voies de développement économiques et sociales alternatives à celles proposés par les Occidentaux, et ce jusque dans leurs héritages très contemporains.

Programme du colloque

12 décembre 2019

  • 14h – 17h. Les communistes occidentaux et l’Afrique entre les deux guerres mondiales. Président de séance : Jean Vigreux.
    • Quelle place pour l’Afrique dans la politique du Comintern ?, Serge Wolikow.
    • Rôle et traces des communistes italiens dans la direction du parti communiste en Tunisie durant la Seconde Guerre (1941-1943), Habib Kazdaghli.
    • Antifascisme, communisme et nationalisme en Tunisie. Les années de Velio Spano à Tunis (1938-1943), Patrizia Manduchi.
    • Aragon et la question coloniale, Alain Ruscio.
    • Le Parti communiste de la région de Madagascar (1936-1939), Fanomezantsoa Solofo Lalao Randrianja.

Discussant: Paolo Capuzzo

  • 17h – 17h45. Discours de Nicola Labanca : Ni seulement révolutionnaire, ni seulement réformateur. Notes sur la position inconfortable des communistes, du colonialisme au postcolonialisme.

 

13 décembre 2019

  • 9h15 – 10h. Discours d’Allison Drew : Les communistes africains, européens et soviétiques : Consensus et controverse.
  • 10h – 12h30. L’Algérie en tant qu’étude de cas.  Président de séance : Allison Drew
    • Paris-Moscou-Alger, émergence et structuration du phénomène communiste en Algérie coloniale, Éloïse Dreure
    • Tensions et collaborations. Les relations entre communistes français et algériens en métropole (1945-1962), Pierre -Jean Le Foll-Luciani.
    • Le Parti communiste italien, la gauche italienne et la guerre d’Algérie (1954-1962), Bruna Bagnato.
    • Le Parti communiste italien et « le chemin de la Révolution algérienne vers le socialisme », Marisa Fois.
    • Recadrer la géographie politique européenne : Algérie, France, Italie (1957-1975), Andrea Brazzoduro.

Discutant: Massimiliano Trentin

  • 14h – 16h. Les communistes occidentaux et la décolonisation en Afrique subsaharienne. Président de séance : SergeWolikow.
    • Les répercussions en Afrique occidentale française de la sortie du PCF du gouvernement tripartite métropolitain : Cas de la crise structurelle à la CGT AOF-Togo (1951-1956), N’Goran Gédéon Bangali.
    • Agir à travers un cordon sanitaire: le PCB et le Congo, José Gotovitch.
    • Le rôle et la posture du PCF et des étudiants camerounais de France dans la stratégie d’implosion de l’UPC par le pouvoir colonial français au Cameroun (1955-1971), Amadou Souleymanou.
    • Le lien manquant ? les communistes occidentaux, médiateurs entre le FDGB d’Allemagne de l’Est et les syndicats africains de la fin des années 1950 au début des années 1960, Eric Burton et Immanuel R. Harisch.

Discussante : Françoise Blum

  • 16h30 – 18h30. Les communistes occidentaux et l’Afrique post-coloniale. Président de séance : Nicola Labanca.
    • L’anthropologie tiers-mondiste et le marxisme face à l’émancipation des peuples opprimés d’Afrique : Histoire, populisme et antiimpérialisme panafricain, Riccardo Ciavolella.
    • La conférence méditerranéenne de 1968 à Rome, le parti communiste italien et ses relations avec l’Egypte, Alexander Höbel.
    • Le Parti communiste italien et la Corne de l’Afrique dans les années 1970 et 1980, Paolo Borruso.
    • Une politique « euro-africaine ». Le PCI et la CEE comme « pont » entre l’Afrique et le monde socialiste, Gabriele Siracusano & Marco Di Maggio.

Discutante : Sara Lorenzini

14 décembre 

L’Afrique australe et lusophone entre les luttes de libération nationale et la guerre froide. Président de séance : Silvio Pons.

  • 9h30 – 11h. Première partie :
    • Amílcar Cabral : les années de Lisbonne (1945-1960) et les relations entre la question coloniale et le communisme portugais, Maria-Benedita Basto.
    • Les relations entre les PC de l’Ouest et les mouvements africains dans les espaces coloniaux ou post-coloniaux dans le contexte de la Guerre froide, Jean-Michel Mabeko-Tali.
    • L’Italie et la diplomatie internationale des mouvements du nationalisme « authentique » des colonies portugaises africaines : d’Alger à Rome, Corrado Tornimben.
  • 11h15 – 13h. Deuxième partie :
    • Genre, socialisme et décolonisation. Les communistes et les femmes démocrates au Portugal et dans les colonies portugaises d’Angola, de Guinée-Bissau et du Mozambique, Giulia Strippoli.
    • La gauche italienne et les luttes de libération nationale en Afrique lusophone, Massimiliano Pinna.

Discutant : Paolo Borruso.

Le programme du colloque en anglais

Comité scientifique :

Françoise Blum (CNRS – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) ; Marco Di Maggio (Sapienza Università di Roma) ; Silvio Pons (Scuola Normale Superiore, Pisa – Fondazione Gramsci) ; Gabriele Siracusano (Università di Roma “Tor Vergata”- Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) ; Serge Wolikow (Université de Bourgogne, Dijon –Fondation Gabriel Péri).

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