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Attention: pour des raisons du reconfinement l’initiative est reportée, nous vous tiendrons informés concernant une nouvelle date.

Jeudi 19-vendredi 20 novembre 2020
Archives nationales, Pierrefitte-sur-Seine, (auditorium)

59 rue Guynemer, 93380 Pierrefitte-sur-Seine
Métro : Saint-Denis Université (Ligne 13)

Programme à télécharger

Illustration : Vladimir Lebedev, Le fantôme rouge du communisme se déplace à travers l’Europe (1920), gouache et crayon graphite sur carton, 76×66 cm, Moscou, Galerie nationale Tretiakov.

Pour tous les mouvements socialistes, la Grande Guerre et la révolution bolchevique provoquent une rupture profonde qui les transforment radicalement et les font basculer dans le XXe siècle. Depuis le milieu du XIXe siècle, ils avaient porté les aspirations de la classe ouvrière en rejetant l’exploitation bourgeoise dans le passé de l’ancien monde. Mais avec la guerre, ce futur imaginé semble enseveli sous les décombres du monde d’hier, et il faut réinventer un autre avenir en tenant compte des mutations profondes que le conflit a introduites sur les plans politique, économique ou moral. Ici, le futur est à la fois une projection à partir d’une expérience, qui peut faire l’objet d’un pronostic, mais aussi un imaginaire, qui peut être formulé en prophétie. Les derniers mois de la guerre et les années qui la suivent constituent une courte période pendant laquelle pronostic et prophétie se heurtent et s’influencent, pendant laquelle l’importance de l’expérience le dispute à la force du rêve. En effet, l’organisation de partis communistes dans l’espace de l’Internationale, la montée des fascismes ou les contraintes économiques restreindront considérablement les choix offerts aux mouvements socialiste et ouvrier des années 1920 et 1930. Cette cristallisation progressive ne doit néanmoins pas dissimuler que les derniers mois de la guerre et les mois qui la suivent, mois d’incertitude, ont laissé le champ ouvert aux projets de reconstruction d’une gauche transformée.

C’est à l’étude de cette période-charnière que sera consacrée notre colloque, dont les contributions seront ensuite publiées dans les Cahiers Jaurès. Il s’inscrira dans la perspective d’une histoire des futurs possibles, sans emprunter pour autant les voies d’une histoire contrefactuelle, car il ne s’agit pas de rechercher ce qui se serait passé si les partis communistes n’avaient pas réussi à s’implanter ou si le socialisme avait poursuivi sa trajectoire d’avant-guerre. Notre intention est différente : nous souhaitons saisir le moment même de cette indétermination, éclairer les chemins qui s’ouvrent aux mouvements socialistes et ouvriers à l’issue de la guerre, grâce aux renouvellements de l’histoire sociale, intellectuelle et politique, dans une perspective transnationale. C’est la notion même de possible qui peut orienter le mieux la réflexion collective : à quelles conditions peut-elle être envisagée (ici pour les organisations ouvrières et socialistes au sortir de la guerre), et quelles formes précises a-t-elle prise ?

Notre journée d’études sur les futurs possibles des mondes ouvriers et socialistes s’intègre dans un paysage scientifique plus large, lié aux commémorations de l’armistice mais aussi à celui de la scission de Tours en 1920. La revue Mil Neuf Cent prévoit en effet la publication d’un numéro sur l’objet «congrès» à partir de l’exemple de Tours, et la revue Le Mouvement social prépare la constitution d’un dossier consacré aux débuts du communisme ; le musée de l’Histoire vivante à Montreuil anticipe également une exposition consacrée à la période. Nous souhaitons que ces initiatives puissent converger, autant dans l’espace public par le biais des revues grand public (L’Histoire, Historia…), que dans les milieux historiens.

Programme

Jeudi 19 novembre 2020.

9h30-10h30 : Ouverture (Isabelle Aristide et Thierry Mérel).

  • Introduction scientifique (Emmanuel Jousse).
  • Présentation des fonds (Vivien Barro).
  • Les archives de l’Internationale communiste et l’invention d’un possible, entre traces et espérances (1919-1922) (Serge Wolikow).

10h30-12h30 : Table 1 : Expériences combattantes, expériences militantes.

  • Le parcours de Léon Rosenthal (Vincent Chambarlhac)
  • Le dandysme des tranchées : l’expérience combattante des pré-surréalistes (Romain Ducoulombier)
  • Du SPD à la SFIO : les députés et militants alsaciens-lorrains (Franck Schmidt)

12h30-14h : Déjeuner.

14h-16h30 : Table 2 : Les socialistes européens et le moment 1919.

  • Le défi national : La social-démocratie autrichienne (Jean-Numa Ducange)
  • Le défi de l’État (Alain Chatriot)
  • Les socialistes français au sortir de la guerre (Elisa Marcobelli)

Vendredi 20 novembre 2020.

9h00-11h : Table 3 : Une histoire internationale/transnationale.

  • L’Union de Vienne ou « Internationale deux-et-demi » [de Stockholm à Hambourg] (Andrea Benedetti)
  • Les réseaux réformistes dans l’expertise du BIT (Adeline Blaszkiewicz)
  • L’internationalisme et l’expertise municipale (Patrizia Dogliani)
  • Où s’arrête le monde de demain ? Les socialistes et la question coloniale (Quentin Gasteuil)

 11h-13h : Table 4 : L’ouverture des possibles : les utopies et projets des derniers mois de la guerre

  • Andrea Caffi et la révolution bolchevique. De l’espoir du renouveau à la crainte de la destruction de la civilisation (1918-1923) (Marion Labeÿ)
  • Renouvellement de la pensée socialiste : la démocratie des Conseils (Nicolas Patin)
  • Socialistes et droit international (Vincent Duclert)

Conclusions du colloque : Christophe Prochasson.

Colloque organisé par la Société des Études jaurésiennes, avec le soutien des Archives nationales (département des archives privées), de la Fondation Jean-Jaurès et de la Fondation Gabriel Péri.

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