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Rencontre du 12 février 2013 avec Antoine Casanova, Stéphane Bonnéry et Pierre Clément

  • Antoine Casanova, historien et directeur de la revue La Pensée ;
  • Stéphane Bonnéry, Maître de conférences en Sciences de l’éducation / CIRCEFT-ESCOL / Université Paris 8, coordinateur du dossier ;
  • Pierre Clément, doctorant en Sociologie au CURAPP, CNRS / Université de Picardie, auteur

ont présenté, au cours d’une conférence-débat à la Fondation Gabriel Péri, le dossier publié dans le numéro 372 (octobre-décembre 2012) de La Pensée : « Contenus d’enseignement : politiques, supports et usages ».

Le développement des savoirs va croissant dans les sciences, dans la technologie, comme dans les arts et bien d’autres domaines de la connaissance : ces savoirs exigeants et les formes de raisonnement très élaborés qu’ils véhiculent modèlent de plus en plus les postes de travail comme la vie sociale. Mais ces savoirs et formes de raisonnement sont inégalement maîtrisés par les adultes.
Pour changer ce constat, une première piste réside dans une nouvelle étape de démocratisation du système scolaire. Dans cette perspective, l’école se trouve au défi de conduire l’ensemble d’une génération vers des études longues pour former la future génération d’adultes, de penser les contenus à enseigner et la façon de le faire de telle manière que tous les élèves apprennent. Et ce, alors même que les scolarités longues ont été ouvertes en droit à tous les enfants, et donc que les enseignements secondaire et supérieur n’accueillent plus seulement des « héritiers » dans la connivence avec la culture savante, et que l’école primaire a été dotée de la nouvelle mission de préparer chacun à des études longues.

Une autre optique conduit à renoncer à préparer toute une génération à se saisir le mieux possible des savoirs complexes qui modèleront les différents aspects de la vie professionnelle et sociale.
Cette question des contenus d’enseignement, qui est au cœur des choix contradictoires pour l’avenir, est très peu débattue. L’actualité l’illustre, dans les discours des décideurs et les débats médiatiques, cette question est souvent évacuée. Les quatre contributions rassemblées dans ce dossier abordent la question sous différents angles complémentaires. Les deux premières, à l’échelle du système, traitent des politiques qui ont changé les programmes depuis quelques décennies ; les deux suivantes, plus près des salles de classe, sont davantage centrées sur les évolutions des exigences intellectuelles faites aux élèves et sur les formes pédagogiques.

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