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Mot d’ordre populaire repris dans les déclarations des candidats aux élections de la Commune, la séparation des Eglises et de l’Etat est adoptée par décret, à l’unanimité, lors de la séance du 2 avril 1871, alors que, dans le même temps, les versaillais lancent une offensive contre les troupes communardes à Courbevoie. Thiers déclare ainsi officiellement la guerre à la Commune de Paris.
De cette séparation découle la laïcisation de l’école et des services publics comme l’assistance publique, les bureaux de bienfaisance ou encore les services de santé.

Journal officiel de la Commune de Paris, lundi 3 avril 1871

Paris, le 2 avril 1871

La Commune de Paris,

Considérant que le premier des principes de la République est la liberté;

Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés;

Considérant que le budget des cultes est contraire au principe, puisqu’il impose les citoyens contre leur propre foi;

Considérant, en fait, que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la liberté.

DÉCRÈTE:

Art. 1er. L’Eglise est séparée de l’Etat.

Art. 2. Le budget des cultes est supprimé.

Art. 3. Les biens dits de mainmorte, appartenant aux congrégations religieuses, meubles ou immeubles, sont déclarés propriétés nationales.

Art. 4. Une enquête sera faite immédiatement sur ces biens, pour en constater la nature et les mettre à la disposition de la nation.

La Commune de Paris

JO, n°93, Lundi 3 avril 1871.

Voici l’affiche qui était collée sur les murs de Paris.

Dans le journal officiel du dimanche 23 avril 1871, un rapport du directeur des ambulances, Dr Rousselle, explique pourquoi son administration a choisi de faire « enlever des salles d’ambulances tout insigne religieux, de n’importe quel culte » afin de mettre en oeuvre le décret de séparation des Eglises et de l’Etat du 2 avril 1871.
Dans ce même JO, les représentants du IIIe arrondissement annoncent avoir confié la direction des écoles congrégationalistes à des instituteurs laïcs afin de former « des citoyens instruits de leurs droits et de leurs devoirs envers la République ».

Journal officiel de la Commune de Paris, dimanche 23 avril 1871

Direction des ambulances.

Chargé par le citoyen Cluseret de la direction générale des ambulances, je crois devoir expliquer certains actes de mon administration que la malveillance pourrait dénaturer.

Considérant que la Commune a décrété la séparation de l’Église et de l’État, et que, d’autre part, il importe de laisser toute liberté à chaque citoyen de vivre et de mourir selon sa croyance, s’il en a une, j’ai fait enlever des salles d’ambulances tout insigne religieux, de n’importe quel culte; j’en ai interdit l’entrée aux membres de toutes les sectes ou corporations religieuses, tout en procurant immédiatement au blessé, qui en ferait la demande, la visite du ministre de sa religion, curé, pasteur, pope ou rabbin.

J’ai surtout eu soin d’écarter des blessés ces visites fatigantes de gens qui, sous prétexte de religion, viennent démoraliser les blessés, et ajouter aux souffrances physiques des tortures morales, abusant de la dépression de toutes leurs facultés pour leur arracher une faiblesse, leur faisant un crime du grand combat soutenu au nom du droit et de la République universelle, au point de les faire presque rougir de leur glorieuses blessures.

Paris, le 22 avril 1871.

Dr ROUSSELLE

MAIRIE DU IIIe ARRONDISSEMENT
ÉCOLES LAÏQUES

Citoyens,

Ce que vous réclamiez avec nous depuis si longtemps, ce que les hommes du 4 septembre nous avaient refusé:

l’instruction purement laïque,

est un fait accompli pour notre arrondissement;

Par notre sollicitude et les soins de la commission d’enseignement des rues Ferdinand-Berthoud, Neuve-Bourg-l’Abbé et de Béarn, est, à partir de ce jour, confiée à des instituteurs laïques.

Nous espérons, pour l’avenir de notre pays, que ces instituteurs formeront des citoyens instruits de leurs droits et de leurs devoirs envers la République.

Paris, le 23 avril 1871.

Les membres de la Commune:
ANT. ARNAUD, DEMAY, CLOVIS DUPONT, PINDY.

En savoir plus:

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