Par Danielle Tartakowsky

À partir du 12 février 1934, les mobilisations contre le fascisme et la crise se sont exprimées presque exclusivement par le biais de manifestations de rue. Si le traditionnel hommage aux communards déployé le 23 mai devant le mur des fédérés en présence du futur président du conseil, Léon Blum, a pu constituer l’un des détonateurs de l’explosion sociale de mai 36, la généralisation des grèves et surtout l’occupation des usines rendent bientôt cette forme d’action superfétatoire, pour ne pas dire contradictoire avec la grève ainsi conçue.

Des grévistes, détachés à ces fins parcourent les rues pour collecter des fonds ou se rendre aux meetings mais le gros des forces se gardent de dégarnir les locaux occupés jours et nuit. En faisant naitre des images nouvelles, au premier rang desquelles cette partition du dehors et du dedans, désormais et pour la première fois maîtrisé par les grévistes, signifiée par le mur de l’usine, infranchissable, fût-ce aux intimes.
![Grève de la manufacture de chevreaux Combe à Saint-Denis, 1936, Mémoires d'Humanité - AD93 [83 FI-5 38].](https://gabrielperi.fr/wp-content/uploads/2026/04/Greve-de-la-manufacture-de-chevreaux-Combe-a-Saint-Denis-1936-Memoires-dHumanite-AD93-83-FI-5-38-1024x828.jpg)
Des cortèges festifs sont susceptibles de s’organiser dans les rues qui jouxtent l’usine quand les victoires sont obtenu. L’inquiétude qui s’est emparée du parti radical face à ces grèves incite toutefois le comité nationale de rassemblement populaire à renoncer à l’organisation d’un cortège de la victoire sur la voie publique à Paris le 14 juin. Le parti communiste en maintien seul le principe mais lui substitue une fête au sein du stade buffalo.




