La Pensée n°389 – Lieux de pouvoir

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Janvier-mars 2017

 

Sommaire

Lieux de pouvoir

  • Faire la décision. La fabrique des politiques publiques à différentes échelles, par Pierre Clément et Igor Martinache.
  • Les eurodéputés assiégés par les lobbys ?, par Sylvain Laurens. On se représente le lobbyiste bruxellois comme un homme de l’ombre arpentant les couloirs du Parlement européen afin d’influencer des eurodéputés élus et en position de prendre des décisions politiques décisives. Cet article voudrait prendre au sérieux les décalages existants avec cette image d’épinal et rappeler comment la centralité des décideurs administratifs dans le processus décisionnel européen amoindrit structurellement l’importance de la scène parlementaire, y compris pour les lobbyistes.
  • Les laboratoires de la réforme de l’école, par Pierre Clément. Depuis une dizaine d’années, l’Éducation nationale semble convertie à un nouveau paradigme pédagogique, culturel et politique : l’acquisition de compétences, plutôt que de connaissances, est devenue la finalité première officielle de l’école.
    Présenté comme une évolution naturelle commune à l’ensemble des pays développés, ce changement radical n’a pourtant aucun caractère nécessaire. En pénétrant dans les lieux de pouvoir où la réforme a été élaborée, certaines organisations internationales et un dispositif de démocratie participative, cet article entend montrer qu’il aurait pu en être autrement et fournir quelques outils utiles à la réflexion et à l’action politique.
  • L’action ministérielle, un sport collectif, par Igor Martinache. La personnalisation croissante de la vie politique tend à occulter l’importance des entourages des responsables dans la construction de leurs actions. A partir du cas singulier mais éclairant du passage à la tête du ministère de la Jeunesse et des Sports français de la communiste Marie-George Buffet, cet article propose de mettre en évidence les différents collectifs dans lesquels s’inscrivent les décideurs et qui constituent pour eux autant de contraintes, mais aussi de leviers indispensables. Trois  configurations sociales distinctes s’emboîtent : le cabinet de la ministre, l’espace du gouvernement auquel elle appartient, et les multiples agents constituant le secteur d’action publique qu’elle est en charge d’administrer.
  • Sur l’élaboration des politiques locales, par Michel Koebel. Avec la progressive décentralisation du pouvoir vers l’espace local, les politiques locales ont gagné en complexité et demandent plus de compétences, ce qui a rendu l’accès au pouvoir plus sélectif socialement. Par ailleurs les règles de scrutin ont eu pour effet de concentrer le pouvoir sur la tête de l’exécutif – ce qui oriente les politiques envisagées vers les intérêts des seuls groupes sociaux représentés – et d’annihiler le débat démocratique local. Enfin le pouvoir des maires est fortement contraint par les  nombreuses contingences qui pèsent sur eux, de nature économique, politique ou structurelle. Sera-t-il possible à tous les dominés de ce système local de se réapproprier le pouvoir qui leur échappe ?

    Le cours des idées

  • De la notion de travail au concept de force de travail, par Claude Morilhat. Concept cardinal de la théorie marxienne, le concept de force de travail n’apparaît pas d’emblée, ne résulte pas de quelque intuition singulière. Marx ne parvient à sa formulation adéquate qu’au terme d’un long travail hésitant d’appropriation critique de l’économie politique classique. Ce procès théorique est manifeste principalement dans les Grundrisse.
  • La politique israélienne de l’eau, des débuts du sionisme à aujourd’hui, par Jacques Fontaine. Dès la création du mouvement sioniste, la question de l’eau a été au coeur des préoccupations de ses promoteurs et cette préoccupation n’a jamais cessé. C’est pendant la période du Yichouv qu’a été élaborée la politique hydraulique sioniste et que ses premières réalisations ont été mises en oeuvre. La politique israélienne après 1948 en est la déclinaison logique qui va jusqu’à dénier aux Palestiniens tout droit sur leurs propres ressources, déni dont la violence ne fait que s’accentuer ainsi qu’en témoignent les dernières décisions israéliennes.
  • La République éphémère de Mahabad au Kurdistan d’Iran, par Patrick Ribau. De tout temps, les Kurdes ont pensé que le Kurdistan constitue une seule unité géographique, une seule nation, divisée arbitrairement et contre leur volonté. Cela explique que l’histoire du peuple kurde soit jalonnée de soulèvements pour la liberté et la reconnaissance de ses droits nationaux, soulèvements durement réprimés dans le sang par les régimes en place avec souvent la complicité et le soutien des puissances impérialistes qui firent fi du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, au nom d’intérêts politiques et mercantiles. Malgré cela, la résistance et le combat pour la liberté, l’autodétermination n’ont jamais cessé chez les Kurdes.

    Confrontations

  •  La gauche face à la religion et au djihadisme, par René Nouailhat.
  • Un Dictionnaire de la pensée écologique très spirituel, par Jean Jacob.

    Vie de la recherche

  • Quels contenus l’école doit-elle transmettre ?, par José Tovar.
  • Au coeur de la physique contemporaine, par Olivier Gebuhrer.

    La revue des revues

  • Aperçu dans quelques revues, par Patrick Coulon

    Livres

  • Comptes rendus par Laurent Etre, Patrick Ribau, Jacques Bénézit, Jacques Couland, Gérard Le Puill, Yves Vargas

     

ISBN : 978-2-37526-012-8, n°389 Janvier-mars 2017

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