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La Pensée n° 386 – Kant en ses révolutions

Le prix initial était : 19,00€.Le prix actuel est : 9,50€.

Avril-juin 2016

 

Sommaire

Kant en ses révolutions

  • Présentation
  • La politique du transcendantal, par Magali Rigaill
    La place occupée par la politique dans la pensée de Kant n’est pas secondaire ni accidentelle : elle est centrale et consubstantielle à la philosophie critique et transcendantale. Il faut pour le comprendre situer le sens du discours kantien dans la perspective qui est celle de Kant lui-même, une réforme de la philosophie comme de l’État, et interroger l’analogie politique omniprésente dans son oeuvre, de la première édition de la Critique
    de la raison pure, en 1781, jusqu’aux textes les plus tardifs, dont le Conflit des Facultés de 1798.
  •  La révolution idéaliste, par Paul Clavier
    Dans la Théorie transcendantale des éléments, Kant opère une véritable « révolution dans la manière de penser ». Le pouvoir de connaître l’humain, jusque – là inféodé au despotisme de la chose en soi, devient l’auteur de l’expérience. Mais comment assumer les conséquences subjectivistes de
    cette révolution épistémologique ? Pour ce faire, Kant entretient une équivoque dans l’expression « exister hors de moi », ce qui lui permet à la fois de défendre l’idéalisme transcendantal et de dénoncer ce qu’il appelle « le scandale de l’idéalisme ».
  • Personnalité et raison archétype dans la philosophie pratique, par Luc Vincenti
    Articulant éthique et critique, le factum rationis fonde à la fois l’obligation morale et la connaissance de mon existence comme personne. Contre Kelsen, Kant réunit prescription et connaissance de la norme. La fonction de la personnalité annonce les analyses althussériennes de l’interpellation.
    Kant n’est pourtant pas si loin du monde intelligible fichtéen et relie aussi morale et religion. La réalisation du monde moral requiert bien le droit, mais comme condition négative bien distincte de la moralité. Le bon principe ne peut triompher que par lui-même, d’où la nécessité de l’espoir.
  • Une anthropologie pour la révolution de l’autonomie, par Monique Castillo
    L’anthropologie kantienne contredite l’approche technique de la rationalité qui a dominé l’image de soi du monde occidental. Ce n’est pas l’efficacité des moyens, mais la responsabilité des fins que le kantisme met au premier plan. La révolution de l’autonomie réclame une intelligibilité finale et
    non une intelligibilité instrumentale du développement humain de l’humanité.
  • Le rapatriement critique du théologico-politique,  par Hadi Rizk
    Le commandement de la raison pratique résonne comme une transcendance intérieure au sujet. L’appel du devoir se substitue par conséquent à l’altérité et au pouvoir extérieurs de Dieu. Mais l’épreuve morale de la liberté transcendantale ainsi que le penchant originaire au mal mettent en évidence la finitude humaine. C’est pourquoi Kant maintient la nécessité de la religion, du christianisme comme seule et vraie religion, religion naturelle dans les limites de la simple raison. L’homme devant être à la hauteur de son principe intérieur, il faut qu’il s’élève vers sa nature suprasensible.
    La condition humaine, finie, divisée, a donc besoin d’une grâce auxiliaire, que l’homme doit mériter par ses actions.
  • Le réformisme en révolution, par Christian Ferrié
    Spectateur enthousiaste de la Révolution en France, Kant parvient à être sans contradiction réformiste et révolutionnaire. Animé par un esprit révolutionnaire, son réformisme préconise en principe la voie réformatrice tout en reconnaissant en fait la nécessité de la révolution comme condition des réformes révolutionnaires. Récusant l’alternative « réformiste » entre réforme et révolution, Kant fournit l’archétype d’un réformisme
    révolutionnaire qui permet de penser la corrélation de ces deux moments du politique au sein du processus d’émancipation.
  • La révolution sans la révolution ?, par Jean-François Kervégan
    L’article examine la cohérence et les difficultés de la position de Kant par rapport à l’idée de révolution. Après avoir rappelé que pour Kant la révolution est d’abord une « révolution dans la manière de pensée », il analyse le traitement différent que reçoit l’idée de révolution politique dans les textes de type anthropologique et dans les écrits proprement métaphysiques. Pour finir, il cherche dans les hésitations de Kant par rapport à la question décisive du sujet de la souveraineté la source possible de son analyse ambiguë du fait normatif qu’est la révolution.
  • Fonction et sens de la Revolution chez Kant, par Kostas Tsampouras
    Une analyse unitaire du terme de Revolution dans les études kantiennes fait défaut. Nous nous proposons de combler cette lacune par un examen sommaire du sens et de la fonction du terme dans la philosophie théorique et pratique de Kant d’où il s’ensuit que le terme y tient la place de concept opératoire qui apparaît chaque fois pour désigner un changement de principe. Lié à la logique interne du kantisme, le concept de Revolution est appliqué à des questions dynamiques que Kant n’a pas vraiment thématisées de manière systématique, comme celles de la genèse ou de l’historicité.
  • Le libre jeu de l’imagination esthétique : révolution ?, par Annie Ibrahim
    La réflexion esthétique de Kant fait face à une longue lignée de conceptions de l’Art, du Beau et du goût. Contre toute forme d’académisme, contre la prédilection du classicisme pour la norme, le jeu de l’imagination est invoqué dans un vocabulaire où la fréquence des termes « libre » et « liberté » est remarquable. En étudiant successivement les productions du Génie, l’apparaître de la belle chose et la réceptivité du spectateur, je montrerai en quoi les diverses significations du « jeu » émancipent le Beau du double prototype de la Nature et de l’Art. Plus qu’une émancipation, ne s’agit-il pas d’une révolution, dès lors que l’auteur de la troisième Critique a jeté, peut-être malgré lui, les raisons d’être de l’art moderne ?
  • Le sens du temps,  par Guillaume Pigeard de Gurbert
    Aussi bien le principe de la distinction phénomènes-noumènes doit-il être subordonné en dernière analyse à la distinction du phénomène spatial et du phénomène temporel. Le primat théorique du sens interne sur le sens externe prend le sens inattendu d’un privilège pratique qui permet de parler d’un sens du temps.

Confrontations

  • A propos de l’Accord sur le climat adopté à Paris, par Gérard Le Puill

Vie de la recherche

  •  Rousseau contre le « système de finance », par René Lacroix

ISBN : 978-2-37526-004-3, n°386 Avril-juin 2016

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