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Une hausse des décès deux fois plus forte pour les personnes nées à l’étranger que pour celles nées en France en mars-avril 2020, INSEE Focus n°198

By 8 juillet 2020No Comments

Sylvain Papon et Isabelle Robert-Bobée de la division Enquêtes et études démographiques de l’Insee publient ce 7 juillet 2020 une étude démontrant que l’augmentation des décès en France pendant la crise sanitaire liée à la Covid-19 a été la plus forte pour les personnes nées à l’étranger (+ 48%  contre + 22 % pour les décès de personnes nées en France par rapport à la même période en 2019). Cette hausse a particulièrement touché les personnes nées en Afrique (+ 54 % pour les décès de personnes nées au Maghreb, + 114 % pour celles nées dans un autre pays d’Afrique) ou en Asie (+ 91 %).

Pour toutes les origines, la hausse des décès a été plus forte pour les personnes âgées. Mais les décès ont aussi nettement augmenté avant 65 ans pour les personnes nées à l’étranger. En Île-de-France et dans le Grand Est, régions particulièrement touchées, la hausse des décès a été très marquée, aussi bien pour les personnes nées en France que pour celles nées à l’étranger.

L’étude révèle que cette hausse concerne d’abord les territoires les plus densément peuplés où les personnes nées en Afrique ou en Asie résident environ deux fois plus souvent : « si 35 % des personnes nées en France résident dans les communes les plus densément peuplées, c’est le cas de 65 % de celles nées dans un pays du Maghreb et de plus de 70 % de celles nées dans un autre pays d’Afrique ou en Asie. »

Les personnes nées à l’étranger en Asie, en Afrique hors Maghreb, et dans une moindre mesure celles nées au Maghreb, ont les logements les plus exigus et sont celles qui utilisent habituellement le plus les transports en commun pour aller travailler.

14 % des personnes nées dans un pays du Maghreb et 15 % de 

celles nées dans un autre pays d’Afrique sont des « travailleurs clés », contre 11 % parmi celles nées en France ou celles nées en Asie (12 %). Les « travailleurs clés » comptent les personnels de santé, les aides-soignants, les pharmaciens, les ambulanciers, les personnels de la Poste, des forces de l’ordre, des transports publics, les pompiers, les personnes travaillant dans la vente de produits alimentaires, les livreurs, les buralistes et les agents de nettoyage, professions en contact avec le public qui ont souvent continué à travailler sur site pendant la période de confinement. Ils sont parmi les plus exposés au risque de contamination.

Lire l’étude en ligne sur le site de l’INSEE.

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