Présentation

Séminaire inauguré en septembre 2018.

Dirigé par Jacques Rigaudiat, Daniel Gaxie et Alain Obadia.

Nos sociétés contemporaines subissent des mutations considérables. Mondialisation, financiarisation, nouvelles technologies et intelligence artificielle, limites environnementales désormais atteintes, mouvements migratoires, nouveaux questionnements sur le genre et le sexe…. Elles sont certes de natures très diverses, mais pourtant convergent pour venir bouleverser les ressorts jusque-là usuels de l’économie, les institutions politiques et sociales qui nous encadrent, comme les systèmes de valeurs auxquels nous étions accoutumés et qui nous structuraient.

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Elles viennent en somme mettre à bas un monde qui peut ainsi apparaître ancien, sans pour autant dessiner clairement l’avenir et surtout pas un avenir qui puisse apparaître souhaitable.

La Fondation Gabriel Péri a voulu prendre le temps d’une réflexion approfondie sur ces transformations. Sur leur contenu objectif, – en faisant un point de la recherche sur ces sujets -, mais aussi subjectif, en questionnant le sens qu’en donnent les acteurs concernés à travers leur expérience.

Par cela, il s’agit de contribuer à l’expression d’un projet progressiste pour notre temps.

La Fondation Gabriel Péri a ainsi choisi d’organiser un cycle de séminaires sur les deux prochaines années. Il est prévu que ce cycle débouche alors sur un colloque.

Prochaine séance

10 octobre 2019 avec Sophie Béroud.

Informations à venir.

Séances précédentes

1. Les transformations des métiers et de l’emploi.

Séance du 25 septembre 2018

Avec Jacques Rigaudiat, Daniel Gaxie (discutant) et Alain Obadia (animateur)

Présentation:

Les décennies passées ont connu une profonde transformation des emplois et des métiers.

C’est d’abord vrai de leur nature. A la Libération, la France était encore un pays fortement agricole et rural ; elle ne l’est plus désormais. De son côté, l’emploi industriel dont le développement a caractérisé les Trente Glorieuses, n’a cessé de continument se réduire depuis le premier choc pétrolier.  L’emploi est ainsi aujourd’hui pour les ¾ un emploi tertiaire. C’est ce contenu qu’il s’agira d’interroger, comme la diversité des tertiaires.

C’est ensuite vrai de leur « qualité » : avec le chômage de masse, l’emploi précaire (CDD, intérim, temps partiel) s’est fortement accru depuis le début des années quatre-vingt. Depuis quelques années, à cette précarité salariale, s’est ajoutée celle due aux emplois d’indépendants non-qualifiés, qui sont en pleine et forte progression. Même si le salariat demeure très massivement prédominant, ceci ne va pas sans poser question sur son avenir.

Enfin, la transformation des métiers, doit aussi être examinée. Tout à la fois collatérale à celle des emplois, mais aussi tributaire de nouvelles relations de travail, – dont les technologies de l’information sont un facteur essentiel – , elles mettent en question les identités professionnelles. Par là-même, elles viennent bousculer des inscriptions sociales jusqu’alors bien établies.

Jacques Rigaudiat, économiste, Conseiller-maître honoraire à la Cour des comptes.

Daniel Gaxie, professeur de science politique, université de Paris I-Sorbonne.

Alain Obadia, président de la Fondation.

À télécharger: « Emplois, chômage, statuts et métiers 1949-2017. A propos de quelques évolutions structurelles remarquables », Note pour le séminaire “Les transformations de la structure sociale contemporaine”, sept. 2018.

2. Penser les clivages de classes au niveau européen.

Séance du 6 novembre 2018.

Avec Alexis Spire et Daniel Gaxie (animateur-discutant)

Présentation:

Alexis Spire vient présenter l’ouvrage qu’il a publié aux éditions Agone avec Etienne Penissat et Cédric Hugrée. L’originalité de leur travail est d’observer la répartition des diverses catégories sociales à l’échelle de l’Union Européenne. Les auteurs soulignent que les rapports de classe se déploient désormais sur l’ensemble de l’espace européen et non uniquement dans le cadre national. La division du travail à l’échelle de l’UE affecte les structures sociales nationales. La désindustrialisation et la diminution des effectifs ouvriers sont plus marquées à l’ouest qu’à l’est du continent. C’est donc à l’échelle de l’Europe qu’il faut penser les clivages de classe et les rapports de domination. Les auteurs mettent en évidence les inégalités multiformes non seulement entre les classes mais entre les pays. Elles pèsent de manière contradictoire sur les mobilisations sociales et politiques.

Alexis Spire, Directeur de recherche au CNRS, travaille sur la sociologie des inégalités, un des auteurs du livre Les Classes sociales en Europe.Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent ainsi que plusieurs ouvrages sur les politiques d’immigration et l’impunité fiscale chez Grasset, Raisons d’agir et La Découverte.

Daniel Gaxie, professeur de science politique, université de Paris I-Sorbonne.

3. Les mobilisations syndicales et l’Europe.

Séance du 30 janvier 2019

Avec Jean-Marie Pernot, Joël Decaillon et Jacques Rigaudiat (discutant).

Présentation:

Le syndicalisme, national et européen, à la peine ?

Dans cette crise sociale que vit actuellement la France, le mouvement syndical – avec, d’ailleurs, l’Union européenne – figure au premier rang des grands absents. Pourtant, le mouvement syndical en Europe devrait être en première ligne dans la coordination des résistances nationales aux politiques d’austérité. Mais le mouvement syndical européen est profondément affaibli et divisé et la Confédération européenne des syndicats (CES) qui le réunit est et demeure sans voix audible. Certes la situation actuelle : chômage massif, précarité généralisée, remises en cause du dispositif de protection sociale place l’ensemble du mouvement syndical, national et européen dans une situation difficile, mais c’est aussi précisément sa mission que d’y opposer des obstacles. Alors assistons-nous à la fin d’un modèle ? C’est la question que nous poserons à nos invités.

Jean-Marie Pernot, chercheur à l’IRES (Institut de Recherches Economiques et Sociales), spécialiste du syndicalisme européen.

Joël Decaillon, ancien secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des syndicats (CES), vice-président de Lasaire (Laboratoire social d’analyses, d’innovations, de réflexion et d’échanges).

Jacques Rigaudiat, économiste, Conseiller-maître honoraire à la Cour des comptes.

4. De l’indépendance à la dépendance des chauffeurs Uber : une forme renouvelée de sujétion des travailleurs.

Séance du 22 mars 2019 : Incidences de la révolution numérique sur la précarisation du travail (I)

Avec Sophie Bernard et Alain Obadia (animateur-discutant)

Dans le cadre de ce séminaire, la Fondation Gabriel Péri a souhaité approfondir l’impact de la révolution numérique sur le travail, l’emploi et les statuts sociaux en organisant plusieurs séances consacrés à ces enjeux.

Présentation :

Uber se présente comme l’emblème du capitalisme de plateforme, au sein duquel les plateformes numériques jouent le rôle d’intermédiaires entre clients et prestataires de service, ces derniers ayant pour particularité d’être des travailleurs indépendants. Or, dans un arrêt du 10 janvier 2019, la Cour d’appel de Paris a requalifié le contrat de partenariat entre Uber et un ex-chauffeur indépendant en contrat de travail. Le déploiement des plateformes numériques s’accompagne en effet d’un brouillage des statuts d’emploi, entre travail indépendant et travail salarié. S’appuyant sur une enquête inédite réalisée en France auprès de chauffeurs Uber, il s’agira d’explorer cette question d’un point de vue sociologique.

Sophie Bernard est Professeure de Sociologie à l’Université Paris-Dauphine (PSL University) et membre junior de l’Institut Universitaire de France. Elle participe à l’ANR CAPLA, une recherche collective sur le capitalisme de plateforme. Elle a notamment coordonné en 2018 avec Sarah Abdelnour un numéro thématique de la Nouvelle Revue du travail intitulé « Vers un capitalisme de plateforme ? ».

Alain Obadia, Président de la Fondation Gabriel Péri.

5. Les poinçonneurs de l'IA : digital labor, deep labor et micro-travail à l'heure des plateformes numériques

Séance du 25 juin 2019 : Incidences de la révolution numérique sur la précarisation du travail (II)

Avec Antonio Casilli, Paola Tubaro et Jean-François Bolzinger (animateur/discutant).

Présentation :

Malgré leur relative invisibilité, les plateformes numériques de micro-travail représentent le phénomène marquant de la dernière décennie. Amazon Mechanical Turk, Figure Eight ou Clickworker sont des espaces où les entreprises et les startups « entraînent » ou testent leurs solutions d’intelligence artificielle en recrutant des myriades de travailleurs qui réalisent des micro-tâches de transcription, reconnaissance visuelle ou étiquetage de vidéo en échange de rémunérations très faibles d’à peine quelques centimes d’euros. Les études existantes se sont principalement concentrées sur des plateformes anglophones. L’enquête DiPLab (Digital Plateform Labor, née d’un partenariat entre Télécom Paristech, CNRS, FO, France stratégie et la MSH Paris Saclay) a visé pour la première fois l’écosystème du microtravail en France et dans les pays francophones d’Afrique. Les résultats dressent un tableau surprenant des évolutions du marché du travail à l’heure de l’automation.

  • Antonio Casilli est maître de conférences HDR en Digital Humanities à Telecom ParisTech et chercheur à l’Institut Interdisciplinaire de l’Innovation (i3), une unité mixte de recherche du CNRS. Entre autres, il est l’auteur de En attendant les robots (Seuil, 2019), Qu’est-ce que le digital labor? (INA, 2015, avec D. Cardon), Les liaisons numériques (Seuil, 2010).
  • Paola Tubaro est chargée de recherche au CNRS, au Laboratoire de Recherche en informatique. Elle est notamment auteure de Portraits de travailleurs. Comprendre la qualité de vie au travail (Presses des mines, 2017, avec Kalainathan, O. Goudet, P. Caillou, M. Sebag, E. Bourdu et T. Weil).
  • Jean-François Bolzinger est président de l’Institut LEA (L’entreprise alternative) et ancien dirigeant syndical (UGICT-CGT).

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