Séminairesz2-Nouvelles contributions

Les transformations de la structure sociale contemporaine. L’exemple de la France.

By 19 mars 2019 avril 6th, 2019 No Comments

Nous vous ferons connaître très prochainement la date de la prochaine séance prévue avec Antonio Casilli intitulée “Les poinçonneurs de l’IA : digital labor, deep labor et micro-travail à l’heure des plateformes numériques”.

Présentation du cycle de séminaires

Nos sociétés contemporaines subissent des mutations considérables. Mondialisation, financiarisation, nouvelles technologies et intelligence artificielle, limites environnementales désormais atteintes, mouvements migratoires, nouveaux questionnements sur le genre et le sexe…. Elles sont certes de natures très diverses, mais pourtant convergent pour venir bouleverser les ressorts jusque-là usuels de l’économie, les institutions politiques et sociales qui nous encadrent, comme les systèmes de valeurs auxquels nous étions accoutumés et qui nous structuraient.

Elles viennent en somme mettre à bas un monde qui peut ainsi apparaître ancien, sans pour autant dessiner clairement l’avenir et surtout pas un avenir qui puisse apparaître souhaitable.

La Fondation Gabriel Péri a voulu prendre le temps d’une réflexion approfondie sur ces transformations. Sur leur contenu objectif, – en faisant un point de la recherche sur ces sujets -, mais aussi subjectif, en questionnant le sens qu’en donnent les acteurs concernés à travers leur expérience.

Par cela, il s’agit de contribuer à l’expression d’un projet progressiste pour notre temps.

La Fondation Gabriel Péri a ainsi choisi d’organiser un cycle de séminaires sur les deux prochaines années. Il est prévu que ce cycle débouche alors sur un colloque.

L’année à venir, de septembre 2018 à juin 2019, verra l’organisation de six séminaires thématiques :

  • Les transformations des métiers et de l’emploi (septembre 2018)
  • Mondialisation et clivages de classes (novembre 2018)
  • Les difficultés de mobilisation syndicales au niveau européen (janvier 2019)
  • Deux séances sur le travail et révolution numérique (mars et mai 2019)
  • Développement de la scolarisation et accès à l’emploi (juin 2019)

Les séances ont lieu à 18h30, à la salle de réunion de la Fondation (22ème étage)

1. Les transformations des métiers et de l’emploi.

25 septembre 2018, à 18h30.

Avec Jacques Rigaudiat, économiste, Conseiller-maître honoraire à la Cour des comptes.

Discutant: Daniel Gaxie, professeur de science politique, université de Paris I-Sorbonne.

La soirée a été animée par Alain Obadia, président de la Fondation.

Présentation:

Les décennies passées ont connu une profonde transformation des emplois et des métiers.

C’est d’abord vrai de leur nature. A la Libération, la France était encore un pays fortement agricole et rural ; elle ne l’est plus désormais. De son côté, l’emploi industriel dont le développement a caractérisé les Trente Glorieuses, n’a cessé de continument se réduire depuis le premier choc pétrolier.  L’emploi est ainsi aujourd’hui pour les ¾ un emploi tertiaire. C’est ce contenu qu’il s’agira d’interroger, comme la diversité des tertiaires.

C’est ensuite vrai de leur « qualité » : avec le chômage de masse, l’emploi précaire (CDD, intérim, temps partiel) s’est fortement accru depuis le début des années quatre-vingt. Depuis quelques années, à cette précarité salariale, s’est ajoutée celle due aux emplois d’indépendants non-qualifiés, qui sont en pleine et forte progression. Même si le salariat demeure très massivement prédominant, ceci ne va pas sans poser question sur son avenir.

Enfin, la transformation des métiers, doit aussi être examinée. Tout à la fois collatérale à celle des emplois, mais aussi tributaire de nouvelles relations de travail, – dont les technologies de l’information sont un facteur essentiel – , elles mettent en question les identités professionnelles. Par là-même, elles viennent bousculer des inscriptions sociales jusqu’alors bien établies.

A télécharger:  ***Evolution emploi et métiers 2018-09-07 J. Rigaudiat

2. Penser les clivages de classes au niveau européen.

Mardi 6 novembre 2018.

Avec Alexis Spire, Directeur de recherche au CNRS, un des auteurs du livre “Les Classes sociales en Europe.Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent”

Discutant-animateur : Daniel Gaxie, professeur de science politique, université de Paris I-Sorbonne.

L’image contient peut-être : textePrésentation:

Alexis Spire vient présenter l’ouvrage qu’il a publié aux éditions Agone avec Etienne Penissat et Cédric Hugrée. L’originalité de leur travail est d’observer la répartition des diverses catégories sociales à l’échelle de l’Union Européenne. Les auteurs soulignent que les rapports de classe se déploient désormais sur l’ensemble de l’espace européen et non uniquement dans le cadre national. La division du travail à l’échelle de l’UE affecte les structures sociales nationales. La désindustrialisation et la diminution des effectifs ouvriers sont plus marquées à l’ouest qu’à l’est du continent. C’est donc à l’échelle de l’Europe qu’il faut penser les clivages de classe et les rapports de domination. Les auteurs mettent en évidence les inégalités multiformes non seulement entre les classes mais entre les pays. Elles pèsent de manière contradictoire sur les mobilisations sociales et politiques.

Alexis Spire travaille sur la sociologie des inégalités et a publié plusieurs ouvrages sur les politiques d’immigration et l’impunité fiscale chez Grasset, Raisons d’agir et La Découverte.

3. Les mobilisations syndicales et l’Europe.

Mercredi 30 janvier 2019

Le syndicalisme, national et européen, à la peine ?

Dans cette crise sociale que vit actuellement la France, le mouvement syndical – avec, d’ailleurs, l’Union européenne – figure au premier rang des grands absents. Pourtant, le mouvement syndical en Europe devrait être en première ligne dans la coordination des résistances nationales aux politiques d’austérité. Mais le mouvement syndical européen est profondément affaibli et divisé et la Confédération européenne des syndicats (CES) qui le réunit est et demeure sans voix audible. Certes la situation actuelle : chômage massif, précarité généralisée, remises en cause du dispositif de protection sociale place l’ensemble du mouvement syndical, national et européen dans une situation difficile, mais c’est aussi précisément sa mission que d’y opposer des obstacles. Alors assistons-nous à la fin d’un modèle ? C’est la question que nous poserons à nos invités.

Avec

    • Jean-Marie Pernot, chercheur à l’IRES (Institut de Recherches Economiques et Sociales), spécialiste du syndicalisme européen,
    • Joël Decaillon, ancien secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des syndicats (CES), vice-président de Lasaire (Laboratoire social d’analyses, d’innovations, de réflexion et d’échanges).

 

Discutant-animateur : Jacques Rigaudiat.

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4. De l’indépendance à la dépendance des chauffeurs Uber : une forme renouvelée de sujétion des travailleurs.

Incidences de la révolution numérique sur la précarisation du travail

Dans le cadre de son séminaire « Les transformations de la structure sociale contemporaine », la Fondation Gabriel Péri a souhaité approfondir l’impact de la révolution numérique sur le travail, l’emploi et les statuts sociaux.

Dans cette perspective, nous prévoyons deux séances. La première a eu lieu le 22 mars 2019

avec Sophie Bernard, professeure de sociologie, et Alain Obadia, Président de la Fondation Gabriel Péri, comme discutant.

Sophie Bernard : De l’indépendance à la dépendance des chauffeurs Uber : une forme renouvelée de sujétion des travailleurs

Résumé : Uber se présente comme l’emblème du capitalisme de plateforme, au sein duquel les plateformes numériques jouent le rôle d’intermédiaires entre clients et prestataires de service, ces derniers ayant pour particularité d’être des travailleurs indépendants. Or, dans un arrêt du 10 janvier 2019, la Cour d’appel de Paris a requalifié le contrat de partenariat entre Uber et un ex-chauffeur indépendant en contrat de travail. Le déploiement des plateformes numériques s’accompagne en effet d’un brouillage des statuts d’emploi, entre travail indépendant et travail salarié. S’appuyant sur une enquête inédite réalisée en France auprès de chauffeurs Uber, il s’agira d’explorer cette question d’un point de vue sociologique.

> Sophie Bernard est Professeure de Sociologie à l’Université Paris-Dauphine (PSL University) et membre junior de l’Institut Universitaire de France. Elle participe à l’ANR CAPLA, une recherche collective sur le capitalisme de plateforme. Elle a notamment coordonné en 2018 avec Sarah Abdelnour un numéro thématique de la Nouvelle Revue du travail intitulé « Vers un capitalisme de plateforme ? ».

 

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