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La saison 2016-2017 du séminaire des 6 Fondations

Initié en 2015 avec l’Institut Tribune socialiste et la fondation Copernic, le séminaire s’est proposé d’organiser une série de rencontres publiques pour réfléchir ensemble, au-delà des échéances politiques, sur la possibilité d’une réelle alternative, donc une politique de « gauche », face aux grandes tendances du capitalisme contemporain. Depuis ses débuts le séminaire a élargi son partenariat en associant à son travail la Fondation pour l’écologie politique, PAM (« Pour un autre monde ») et Espaces Marx.

Cette nouvelle saison a débuté en octobre 2016 et s’est terminée en mars 2017 et a compté 5 séances.

Séances

Qu’est-ce qui peut changer à gauche ? Les expériences en cours (Angleterre, Espagne, Portugal, Grèce, USA).

La séance du 5 octobre 2016 avec Christophe AGUITON et Christophe DEROUBAIX

Le libéralisme apparaît dominant, sans contestation réelle, et la situation politique semble bloquée, notamment en Europe, et en France tout particulièrement. Droite et gauche jouent sur les mêmes terrains, les différences n’apparaissant que dans la capacité et la volonté des uns et des autres à se rallier plus ou moins rapidement, avec plus ou moins de bonne volonté, au système dominant et à l’abandon des principes démocratiques. Les « gauches de la gauche » ont elles-mêmes les plus grandes difficultés à faire apparaître des éléments de solutions à cette impasse.

Pourtant, et de façon parfois surprenante, voire imprévue, des événements se sont produits dans un certain nombre de pays (Angleterre, Espagne, Portugal, Grèce, USA…) qui semblent ouvrir des perspectives politiques nouvelles.

C’est sur ces expériences en cours que nous réfléchissons, non pour trouver des modèles, mais pour comprendre comment elles ont pu se produire et évoluer…

  • Christophe AGUITON, chercheur en sciences sociales, militant altermondialiste, auteur de “La gauche du 21e siècle. Enquête sur une reformation invisible”, éditions La Découverte, à paraître prochainement
  • Christophe DEROUBAIX, spécialiste des États-Unis, journaliste à l’Humanité, auteur de « L’Amérique qui vient », aux éditions de l’Atelier

 Le débat a été animé par Danielle Follett, Maître de conférences en litterature américaine et histoire des idées à l’Université Sorbonne Nouvelle (Paris 3), originaire des Etats-Unis.

 

Christophe Deroubaix. L’Amérique qui vient (Éditions de l’Atelier, août 2016).

Et si l’improbable irruption de Bernie Sanders dans les primaires démocrates n’était pas un phénomène fortuit et passager ? Et si Donald Trump était le témoin en colère d’un changement majeur que l’Amérique conservatrice ne peut plus arrêter ?

Ce livre offre une vision inattendue des États-Unis. Cartes et données à l’appui, il montre que la vieille Amérique est en train de mourir pendant qu’une autre naît, portée par la montée en puissance des minorités et l’ouverture culturelle de la nouvelle génération, les millennials. Jeune, métissée, progressiste, c’est elle qui a élu Obama, qui a obtenu le doublement du salaire minimum dans plusieurs États, qui réclame l’instauration d’un système public de santé et la réduction des inégalités… Et si l’Amérique qui vient surprenait le monde ?

 

Christophe AguitonLa gauche du 21e siècle. Enquête sur une reformation invisible.(éditions La Découverte, à paraître prochainement).

Depuis plus de vingt ans, le paysage politique de la gauche française s’est complètement décomposé. Le Parti socialiste et ses alliés ont choisi de mener des politiques néolibérales et sécuritaires, et la gauche de transformation sociale s’est révélée incapable de construire une offre politique alternative qui soit tout à la fois populaire, crédible et durable.
Situation paradoxale, affirme Christophe Aguiton, quand on sait que partout, en Europe et ailleurs, des forces ont émergé pour défendre de vraies politiques de gauche, que ce soit Die Linke en Allemagne, Syriza en Grèce ou Podemos en Espagne. Et quand on sait la multitude de luttes et de mobilisations, locales ou nationales, la foule d’expérimentations et innovations sociales menées de par le monde, dans les villes et à la campagne, on peine à comprendre pourquoi la gauche française peine à se réinventer.

Dans ce livre, Christophe Aguiton ne propose rien de moins qu’une histoire de la gauche au xxie siècle, qui met en regard ce qui se passe en France et, au même moment, dans le reste du monde. Tirant les leçons des succès et des échecs des expériences politiques et sociales, il propose une réflexion dense et informée qui ouvre des pistes pour sortir de l’impasse stratégique et des jeux d’appareils qui minent la gauche française.
Bref, la gauche française a beaucoup à apprendre de ce qui se passe ailleurs, hors des frontières de l’Hexagone.

Le protectionnisme est-il une solution ?

La séance du 9 novembre 2016 avec Catherine TRICOT et Boris BILIA.

Face au développement du « tout marché » et à ses conséquences économiques et sociales, faut-il, pour redonner aux Etats les marges de manœuvre qu’ils auraient perdues, envisager des protections contre les concurrences déloyales, le dumping fiscal ou social, ou considérer que l’ouverture des marchés est un instrument essentiel de développement à condition qu’il soit mieux géré et que les pays sachent adapter leur développement ?

  • Catherine TRICOT, journaliste, Regards
  • Boris BILIA, statisticien-économiste

Le débat sera animé par Louis Adam, ITS.

Le revenu universel

La séance du 7 décembre 2016  avec Stéphanie TREILLET et Baptiste MYLONDO

Compte tenu du développement des richesses… et des inégalités, des mutations économiques et sociales en cours, l’idée d’un revenu de base, d’un revenu universel permettant à chacun-e d’avoir tout au long de sa vie les moyens de vivre, quels que soient les aléas de son existence, est, semble-t-il, de plus en plus largement partagée. Mais entre une vision émancipatrice et égalitaire et une réforme limitée des aides sociales, tout le monde ne parle pas de la même chose.

  • Stéphanie TREILLET, économiste ; université de Créteil
  • Baptiste MYLONDO, enseignant en économie et philosophie politique

Le débat a été animé par Denis Sieffert, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Politis.

La souveraineté populaire est-elle possible ? La question du populisme

La séance du 25 janvier 2017 avec Chantal Mouffe et Pierre Khalfa.

La démocratie est maintenant revendiquée haut et fort par la quasi totalité des courants politiques. Pourtant, on ne cesse de parler de l’approfondissement de la « crise démocratique » et la distance entre les citoyen(e)s et les élus s’accroît sans cesse. Quelles sont les raisons de cette situation ? Comment redonner un contenu à la notion de souveraineté populaire et au mot “démocratie” dont on ne sait plus aujourd’hui ce qu’il recouvre réellement ? Le populisme est-il la réponse à cette situation ?

  • Chantal Mouffe, philosophe. Sa réflexion s’articule notamment autour de l’idée de “démocratie radicale”. Elle a publié récemment : L’illusion du consensus (Albin Michel).
  • Pierre Khalfa, économiste, coprésident de la Fondation Copernic, membre du Conseil scientifique d’Attac.

Le débat a été animé par Christophe Ventura, collaborateur au Monde diplomatique, spécialiste de l’Amérique latine.

Fin du travail ou plein emploi ?

La séance du 22 mars 2017 avec Sabina Issehnane et Raphaël Liogier.

Depuis près de 30 ans, les mesures pour l’emploi se sont multipliées, mais le chômage de masse est toujours là. Le problème du chômage est un problème structurel. Le plein emploi peut-il encore être un objectif ?

Dans le même temps, avec la fuite des métiers industriels, l’invasion du numérique dans tous les secteurs, le travail s’est transformé et le rapport salarial semble obsolète. Est-ce la fin du travail ?

Sabina Issehnane est maître de conférences à l’Université Rennes 2 et chercheure associée au Centre d’études de l’emploi. Ses domaines de recherche sont l’économie du travail et l’économie de l’éducation, plus particulièrement l’insertion des jeunes, les transitions formation-emploi, les politiques de l’emploi et de formation professionnelle. Elle est coauteure de « Le plein emploi, c’est possible ! » (Syllepse, 2016).

Raphaël Liogier est philosophe, professeur à Sciences Po Aix-en-Provence et, à Paris, au Collège international de philosophie. Ses recherches portent sur les croyances, la globalisation, la laïcité, les conséquences éthiques et sociales de l’évolution des technosciences. Il a publié récemment : « Sans emploi. Condition de l’homme post-industriel » (Les Liens qui Libèrent, 2016)

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