Séminaires

Le pouvoir a-t-il un sexe ?

By 20 mars 2011 juin 20th, 2019 No Comments

Présentation

Séminaire en collaboration avec IFE (de février 2008 à mars 2011)

« Le pouvoir a-t-il un sexe ? » C’est cette interrogation que la fondation Gabriel Péri et un collectif de travail « Femmes et pouvoir » de l’Initiative féministe pour une autre Europe (IFE), ont choisi de donner pour thème au séminaire qu’ils ont organisé ensemble.

Si la place des femmes en politique – et particulièrement en termes de représentation – reste très médiocre en France, on sait qu’elle est loin d’être conforme à l’aspiration à l’égalité des droits dans la quasi-totalité des pays européens, pourtant réputés développés et démocratiques. On sait également qu’elle est, au fond, le prolongement des inégalités au travail, à l’accès aux responsabilités dans les entreprises et, plus généralement, dans la vie quotidienne. Certes des progrès, parfois très appréciables, ont été accomplis ces dernières décennies. Ils font l’objet d’appréciations diverses, tout comme la nature et l’ampleur des nombreux combats qui restent à mener.

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Le séminaire a eu pour ambition de restituer cette diversité d’approche, et non de proposer une manière de « manifeste » ou de catalogue exhaustif de « mesures » à prendre pour régler mécaniquement des problèmes relevant, en vérité, d’une conception de la civilisation et de la vie en société.On ne s’étonnera pas, par conséquent, de trouver ici des propos parfois divergents, voire contradictoires. Il nous semble qu’en faire l’économie ne serait pas de bonne politique. Et notre conviction, à la Fondation Gabriel Péri, est que du constat de la situation à l’élaboration de propositions nouvelles, il est indispensable de permettre le débat, la confrontation des idées.Vous trouverez ci-dessous l’ensemble des auditions réalisées à l’occasion des séances de travail qui se sont tenues de février 2008 à mars 2011.

Saison 2008-2009

  • Pouvoir et domination de sexe. Séance inaugurale du 11 février 2008, avec Nicole-Edith Thévenin, maître de conférence en sciences politiques, psychanalyste. Le pouvoir, son exercice et sa reproduction. Partager le pouvoir qu’est-ce que cela signifie ? Et pour quoi faire ?
  • Pouvoir et consentement. Séance du 7 avril 2008, avec Geneviève Fraisse, historienne, philosophe. Les femmes et la demande absolue.Les féministes sont-elles trop sages ?
  • Pouvoir et autonomie. Pouvoir choisir. Séance du 5 mai 2008, avec Natacha Henry, historienne, journaliste. Maîtriser les enjeux de son parcours. La tentation de la toute puissance ? Questionner la féminité silencieuse.
  • Pouvoir politique, ruptures et stratégies. Séance du 2 juin 2008, avec Miguel Benasayag, philosophe, psychanalyste, militant altermondialiste, ancien résistant guévariste argentin. Quels types de structure les féministes peuvent-elles se donner pour peser dans le rapport de forces ? La violence qui détruit et la violence qui restaure.

Saison 2009-2010

Cycle de 4 Séminaires

Retrouvons nos forces vives et notre radicalité. Le mouvement féministe qui a pris de l’ampleur en Europe et gagne en reconnaissance, se trouve confronté dans le même temps à un risque de dilution et de brouillage de ses objectifs, à un affaiblissement de ses capacités de mobilisation. le mouvement féministe doit aujourd’hui repenser sa stratégie et oser poser la nécessité non seulement de préserver et d’acquérir des droits mais aussi de construire une puissance politique.

Il nous faut alors défier ce que nous refoulons : la question du pouvoir.

La pensée et la pratique féministe doivent donc se confronter au pouvoir d’Etat (politique) et au pouvoir économique, « Le pouvoir est au cœur de tout mouvement subversif, sinon on s’enferme dans les limites du réformisme, qui sont celles d’une soumission arrangée. »

Les 4 séminaires de la saison 2008-2009 avaient pour thèmes : pouvoir et domination de sexe, pouvoir et consentement, pouvoir et autonomie, pouvoir politique ruptures et stratégies.

L’IFE-EFI et la Fondation Gabriel Péri vous invitent à poursuivre réflexion et échanges.

  • Le pouvoir dans la cuisine. Chef, cheffe de cuisine : paradoxe d’un métier et trouble du genre. (26 octobre 2009) Avec Martine Bourelly, salariée et syndicaliste à Pôle emploi (France) Le pouvoir dans la cuisine, par M. Bourelly. Document à télécharger
  • Le piège du pouvoir . Les femmes veulent du pouvoir (23 novembre 2009). Avec Gudrun Schyman, porte parole de FI (Suède). Les partis politiques : passages obligés ? Sont-ils éternels ? Deux partis féministes lors des élections européennes (en Suède et en Espagne). Et alors ? Synthèse de l’intervention à télécharger
  • Pouvoir économique. Travail invisible des femmes et invisibilisation symbolique (8 février 2010). Avec Virginie Godet, référente IFE (Belgique), agrégée d’histoire, attachée parlementaire.

  • Le pouvoir des dominées : les femmes ne sont pas innocentes. Jouissance et asservissement (12 avril 2010). Avec Jean-Louis Sagot Duvauroux, philosophe, dramaturge.

    • Dans le féminisme il n’y a pas l’illusion du bonheur : il y a l’expression de la liberté, pour le bonheur ou le malheur… Tant qu’on intériorise la soumission, on ne peut pas se lever… Le féminisme a bien écorné l’imaginaire masculin sur le pouvoir : cela libère aussi les hommes, ça permet un jeu sexué, qui est le jeu de l’amour. 

Séance du 29 mars 2011 avec M.-J. Araùjo

Les enfants ont-ils pris le pouvoir ?

par Maria José Araùjo, chercheuse à l’Université de Porto (Portugal).

La construction de la citoyenneté implique l’acquisition de modèles conceptuels et de l’action consciente. La citoyenneté implique la participation et l’expressivité comme forme d’être de l’individu dans le monde, entre « la chose » et le « savoir de la chose », ce que l’on a perçu et ce que l’on a réfléchi, ce qui a été senti et ce que l’on veut partager.

La cour de l’école, lieu de jeux et de contacts, est un lieu sexué, miroir ou laboratoire du futur ? Est-il un lieu de participation et pouvoir(s) ? Qu’est ce qui se passe dans la cour de l’École ?

Partant d’un travail de recherche avec des enfants de 7 et 8 ans dans une école publique au Portugal, le besoin d’un projet permettant aux enfants de construire un autre mode d’exister s’est imposé. Au fur et à mesure du développement du projet un sens s’est imposé au projet lui-même, les enfants gagnant la conscience d’assumer un rôle de protagoniste de plus en plus grand. Dans ce travail en coopération avec eux, se précisait un sens de plus en plus urgent et nécessaire.

Les enfants ont fait un travail de recherche sur leurs droits – énoncés dans la « Convention internationale des droits des enfants » – et ont mis l’accent sur le droit de jouer dans leur « temps libre ». Ils ont bien travaillé les relations de pouvoir entre eux (garçons et filles), et entre eux et les adultes. Est-ce que le pouvoir a un sexe ?

Ils ont écrit un livre qu’ils ont appelé « O Quê ? … Os adultos não sabem ? [Quoi ?… les adultes ne savent pas ?] » et dans lequel ils expliquent aux adultes, de façon très créative, ce que signifie jouer et respecter les enfants. Ce qui signifie avoir ou n’avoir pas de droits et de pouvoir.

Maria José Araújo
Université de Porto
Portugal

Martine Bourelly : ``Le pouvoir dans la cuisine chef, cheffe de cuisine : paradoxe d’un métier et trouble du genre`` (mars 2010)

Cette intervention est issue de la recherche que Martine Bourelly a menée pendant l’année universitaire 2007-2008 : “Égalité des chances entre les hommes et les femmes” (Université Paris IV-Pierre et Marie Curie – Université Paris III-Sorbonne Nouvelle). Son mémoire est nourri par une longue expérience dans l’accompagnement de projets professionnels de demandeurs d’emploi et de salariés.

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