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© pabloka

Vendredi 11 et samedi 12 mars 2022

Auditorium de l’Hôtel de ville de Paris (5 rue de Lobau, 75004 Paris)

Avec les niveaux préoccupants atteints par l’abstention et face aux mutations électorales, l’objet de ce colloque est de faire un point des recherches et des expériences sur les rapports au politique des classes populaires. Des comportements électoraux aux autres formes de participation politique, il s’agit de mettre en perspective l’état des connaissances et des points aveugles et d’ouvrir le dialogue entre des chercheurs, des militants et des élus qui œuvrent à la mobilisation des classes populaires.

De manière révélatrice, il n’y a plus beaucoup de recherches dédiées aux comportements politiques des classes populaires. La perspective d’échéances politiques majeures a remis au centre le défi social et démocratique que pose cette question, avec les niveaux préoccupants atteints par l’abstention, les mutations électorales, sur fond de recomposition et de crises durables. L’objet de ce colloque est donc de faire un point et de mettre en perspective l’état des connaissances et des points aveugles dans ce domaine, comme contribution à l’effort partagé de reconstruction d’une démocratie réelle.

On sait que les classes populaires s’abstiennent davantage de voter que les autres catégories sociales, mais on ne sait pas précisément quelles fractions sont portées à l’abstention et quelles autres continuent de voter. On sait qu’elles votent moins à gauche que par le passé et qu’une partie de leurs membres est sensible à l’ultra droite mais, là encore, on souhaiterait avoir davantage de précision, d’une part sur la répartition des votes et, d’autre part, sur les caractéristiques des fractions restées fidèles à la gauche ou aux gauches et de celles qui ont fait défection. Quelles sont les spécificités de la situation actuelle ? Qui sont les membres des catégories populaires qui votent pour les candidats d’extrême droite, de droite et de gauche ? Qui sont ceux qui s’abstiennent ? Quelles sont les raisons de ces choix et de ces différences ? Observe-t-on des différences entre les orientations politiques des catégories qualifiées et non qualifiées ? Entre les employés et les ouvriers ? Entre les ouvriers et les techniciens ? Entre les ouvrières et les ouvriers et les employées et les employés ? Quels sont les effets politiques de l’élévation des niveaux scolaires ? Du chômage et de la précarité ? Comment expliquer les spécificités des comportements politiques des plus jeunes ? Que sait-on précisément des comportements politiques des membres des classes populaires issus de l’immigration ? Combien d’entre eux sont privés du droit de vote ?

Une partie des classes populaires a toujours soutenu les forces de droite, y compris les plus radicales dans certaines conjonctures. La question est posée de savoir si et en quoi la situation actuelle est différente. Certains spécialistes annoncent, souvent avec un certain soulagement, que le vote de classe a disparu. Est-ce certain ? Les structures des votes lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne ou lors du deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017 peuvent, entre autres exemples, s’interpréter comme des manifestations typiques de « votes de classe ». Que veut-on dire quand on parle du déclin du vote de classe ? Quels en sont les indicateurs et les raisons ? Que sait-on de l’état actuel de « l’encadrement » des classes populaires par les partis politiques et d’autres organisations collectives ?

L’abstention électorale sans doute croissante des classes populaires n’implique pas leur tenu à l’écart des luttes et des mobilisations, l’absence d’intérêt à la chose publique. D’autres voies de politisation, de participation citoyenne se cherchent. Le mouvement des gilets jaunes en est un exemple éclatant qui vient quelque peu bousculer les hypothèses courantes des sciences sociales à propos des mobilisations collectives, leurs effets politiques immédiats, mais surtout, pour ce qui nous intéresse, l’appropriation politique originale, à travers l’expérience militante. Quelle a été la place des classes populaires dans les mouvements sociaux de ces dernières années ? Quels défis cela pose-t-il aux structures organisées, aux partis, et plus généralement à une conception essentiellement institutionnelle de la politique.

L’ambition de ce colloque est de faire le point des recherches et des expériences sur les rapports au politique des classes populaires. La participation et les comportements électoraux en sont évidemment une composante importante. Mais il faut également examiner d’autres formes de participation politique et les questions nouvelles qu’elles posent. Pour cela, on voudrait aussi ouvrir le dialogue entre des chercheurs, des militants et des élus qui œuvrent à la mobilisation des classes populaires.

Vendredi 11 mars

Introduction. Hélène Bidard, adjointe à la Maire de Paris en charge de l’égalité femmes-hommes, de la jeunesse et de l’éducation populaire et Alain Obadia, Président de la Fondation Gabriel-Péri.

 

Le rapport à la politique des classes populaires dans une perspective historique

Animation – Daniel Cirera, Secrétaire général du Conseil scientifique de la Fondation Gabriel-Péri.

Le monde ouvrier est-il historiquement de gauche ? Marion Fontaine, professeure à Sciences Po (Centre d’histoire de Sciences Po-CHSP), directrice des Cahiers Jaurès.

Les ressorts de l’engagement politique des classes populaires. Le cas communiste. Julian Mischi, directeur de recherche en sociologie à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), membre de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (IRISSO – Université Paris Dauphine PSL).

 

Qui vote ? Qui s’abstient ? Éléments d’analyses

Que savons-nous du vote des classes populaires ? Patrick Lehingue, Professeur émérite de science politique à l’Université de Picardie, chercheur au Centre Universitaire de Recherches sur l’Action Publique et le Politique – Épistémologie et Sciences Sociales (CURAPP-ESS).

À distance des urnes. Évolution, facteurs et sens de l’abstention électorale en milieux populaires. Céline Braconnier, Professeure de science politique, directrice de Sciences-po Saint-Germain-en-Laye.

Les inégaux soutiens des classes populaires au Rassemblement national (RN). Christèle Lagier, maîtresse de conférence de science politique à Avignon Université, Laboratoire Biens, Normes, Contrats (LBNC EA 3788).

 

Samedi 12 mars

Démobilisations et mobilisations des classes populaires

Animation – Louise Gaxie, directrice de la Fondation Gabriel-Péri.

Travail et (dé)mobilisation électorale. Tristan Haute, Maitre de conférences en science politique (CERAPS/Université de Lille)

Les mobilisations des femmes des classes populaires, Maeva Durand, Docteure en sociologie, Conseillère municipale à Vitry-sur-Seine déléguée à la lutte contre les discriminations.

L’expérience des discriminations : un vecteur de politisation des classes populaires ? Julien Talpin, chargé de recherche en science politique au CNRS, directeur adjoint du Centre d’Études et de Recherches Administratives Politiques et Sociales (CERAPS, Université de Lille) et Marion Carrel, professeure des universités en sociologie, membre du centre de Recherche « Individus, épreuves, société (CERIES/Université de Lille).

 

Réponses et perspectives 

Animation : Stéphanie Gwizdak, ingénieure, membre du Conseil d’Administration de la Fondation Gabriel Péri.

Comment les partis mobilisent et, le plus souvent, démobilisent les classes populaires ? Raphaël Challier, Docteur en sociologie, Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris – Genre, Travail, Mobilités (Cresppa Gtm).

Politisation des classes populaires : une expérience locale. Olivier Corzani, maire de Fleury-Mérogis.

Campagnes de terrain et simplification des règles électorales contre l’abstention. Vincent Pons, Professeur, Harvard Business School.

Les attentes dans le monde du travail. Boris Plazzi, membre du bureau confédéral de la CGT et du comité exécutif de la fédération de la métallurgie.


Sur le tournant politique des catégories populaires. Daniel Gaxie, Professeur émérite à l’université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne), Centre Européen de Sociologie et de Science politique.


Discussion et conclusions par Fabienne Pourre, trésorière de la Fondation Gabriel Péri.

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